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 La chance tourne. [Owen Reece]

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Matthew Coffin
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MessageSujet: La chance tourne. [Owen Reece]   Mer 7 Mar 2012 - 20:56


-Que faites-vous pour votre pays, Monsieur Coffin ?
-Je paie mes impôts, répondis-je sans détour au sénateur Stevenson.

Je savais que rien n'allait m'être épargné, l'intonation dans la voix du sénateur me le prouvait. Ils s'attaqueraient à mes origines, décrypteraient mes comptes au microscope, éplucheraient mon courrier et retraceraient chacun des pas que j'avais pu faire ces vingt dernières années. Ils avaient certainement des témoins à charge, jamais Carey Stevenson ne se lançait dans une bataille s'il n'avait pas toutes les chances de l'emporter. Faire exhumer les cadavres de mes parents en Italie ne serait pour lui qu'une simple formalité administrative.

Cependant, les cinq hommes assis devant moi s'étaient grossièrement fourvoyés. Ils avaient assigné Matthew Coffin à comparaître devant eux. Mais perché dans mon dos, tapis dans mon ombre, Matteo Bara demeurait là, présent à chaque instant. Sous la façade d'honorabilité que je m'étais forgée à coup de costumes en soie et de cheveux bien coiffés sommeillait le barbarisme et l'horrifiant. Quelque chose de moins civilisé qu'un être humain.

Il faut être un loup pour terrasser un loup, les agneaux ne peuvent que bêler d’effroi. Or Stevenson avait tenu à passer par la loi, il aurait mieux fait de faire jouer ses relations avec des capitaines de police véreux et me faire refroidir pour de bon. Ils auraient du...


-Monsieur le Sénateur, déclara soudain Samuel. Mon client s'est présenté devant cette commission d'enquête alors qu'il avait le droit d'user du 5ème amendement, il a répondu à toutes vos questions avec sincérité. Monsieur Coffin souhaiterait désormais lire une déclaration afin de dissiper tout doute sur une situation qui peut s'avérer préjudiciable pour son image.

Samuel était doué, à mes yeux c'était le meilleur avocat de Manhattan. A voir rapporteurs et sénateurs s'exciter comme des puces derrière leurs pupitres je commençais à croire que sa réputation n'était pas exagérée. Ils avaient cru que je ne me présenterais pas, comme tous ces mafieux minables des années 1940, caché sous mon bureau en position fœtale en attendant que le fisc mette son nez dans mes livres de compte. C'était mal me connaître.

-Très bien, Monsieur Coffin, déclara Stevenson, presque avec regret. Nous vous écoutons.
Sous les flash d'appareils photos et l'objectif des caméras j'ai pris mon temps, dépliant devant moi un texte que je connaissais pourtant par cœur. Enfin, j'ai tiré le fauteuil pour me rapprocher de la table, afin d'être au plus prêt du micro.
-J'aime ce pays, commençais-je, fixant droit dans les yeux chacun des membres de la commission. Chaque jour c'est pour lui et sa seule grandeur que j'œuvre. Ce sont pourtant ses plus viles serviteurs qui entachent aujourd'hui ma réputation ainsi que mon honneur. Je me défendrai bec et ongle, je ne lâcherai rien. A ceux qui me promettent la guerre je leur assure -sinon l'ultime- l'un des plus rudes combats qu'ils n'aient jamais mené.

Ce fut là ma seule déclaration pour l'ouverture de l'audience, mais non des moindres à en juger par la réaction de la foule de journalistes qui se massait dehors ; à ceux qui n'avaient pas pu entrer dans la salle se joignaient ceux qui en sortaient. Yamamoto et deux autres gardes du corps peinèrent à me frayer un passage jusqu'à la limousine. Celle-ci s'ébranla dans un concert de klaxons une fois que Samuel monta à bord.

Ça avait commencé de façon anodine, quelques remarques sans fondements dans la presse à scandale, une enquête fumeuse menée par deux inspecteurs du NYPD -étonnement bien informés. On avait parlé d'un lien me reliant avec les derniers assassinats qui avaient ébranlés le milieu new-yorkais. Un beau matin le Sénateur Stevenson avait débarqué dans ma suite sous des airs de propriétaires. La discussion fut courte : si je lui assurais mon soutien financier afin de le reconduire à son poste mes ennuis disparaîtraient.

Vu qu'une commission d'enquête ayant pour objectif de statuer sur la récente monté du crime à New York venait d'être mise en place, ma réponse n'avait sans doute pas plu au Sénateur. Dans ma vie j'ai rarement usé d'insultes, mais il l'avait cherché.

Apparemment ils m'observaient depuis un petit moment, j'étais après tout un nouveau venu prometteur dans la Grosse Pomme. Mais ils n'avaient fait qu'effleurer la surface des eaux troubles dans lesquelles je nageais avec une grâce naturelle. Pourtant le coup d'épée m'avait bel et bien atteint. J'aurais pu échapper à cette mascarade médiatique, mais si je m'étais défilé Warren Worthington aurait eu un argument tout trouvé pour remettre en cause ma place dans son entreprise. Notre dernière rencontre ne s'était pas achevée dans les meilleurs termes...


-Montgomery ? demandais-je, pour la énième fois.
-Toujours injoignable, répondit Yamamoto, pour la énième fois lui aussi. Comme une bonne moitié de mes lieutenants, d'ailleurs.

Où avais-je commis une erreur ? Cette question je me l'a posais depuis que ma tête était en première page du New York Times de ce matin, le "nouveau visage du crime". Je n'aimais pas dire que la chance finissait par tourner, tout simplement parce que je n'étais pas le genre d'homme à confier ma réussite au hasard. Mes décisions étaient murement réfléchies, longuement élaborées avant d'être finalement appliquées. Or, mon installation à New York, la construction de l'Organisation, le rassemblement de différents mutants, tout cela je l'avais fait avec stratégie. J'avais été une véritable araignée tissant ma toile entre les différentes huiles politiques de la ville, aujourd'hui on venait d'y tailler de grand coups de ciseaux.

-Il faut que je marche, déclarais-je en ouvrant brusquement la portière.

Immobilisée par les habituels embouteillages autour du Park, la voiture me donnait l'occasion de fuir. Yamamoto lacha un juron, il n'aimait pas que je sorte seul, mais la solitude était pour moi indissociable de la réflexion. Depuis mon arrivé ici Central Park avait accueillis mes pensées.

Je ne suis pas paranoïaque, mais j'avais l'étrange impression que chaque passant s'était procuré un exemplaire du Times. Même Ali, sympathique libanais chez qui j'achetais souvent quelques falafels, semblait me regarder d'un autre œil dans sa petite baraque en bois d'où s'exhalait des odeurs de friture.

Même si Stevenson finissait sous les roues d'un taximan et qu'une pluie de météorites (ou un sempiternel mariage de Donald Trump) donnait un autre sujet à traiter que moi aux médias locaux, je ne sortirais pas indemne de cette affaire. C'était la loi de cette ville et de ce milieu, la flagellation, l'infâme marque du "criminel" découpée sur mon front. Dès demain la plupart de mes associés changeraient de trottoir en me voyant, à moins bien sur de trouver une solution miraculeuse... ou que la chance tourne.

Mon vagabondage et mes pérégrinations m'avaient menés aux alentours du réservoir, un endroit agréable pour courir mais où il ne fait pas bon de s'éterniser. La foret environnante y est en effet le repaire de nombreux SDF plus ou moins asociaux lançant quelque fois des cannettes vides sur les joggers ou dépouillant les plus étourdis. Avant les années 1990 et que le Park ne redeviennent un endroit vivable, les crimes les plus sordides s'étaient produits parmi ces arbres.


-< Tu crois que l'on ne paie pas ses dettes ? >

La voix était forte, la haine modérée. Mais plus que tout, les mots étaient prononcés en italien. Je savais pertinemment ce que j'allais découvrir en me retournant, pourtant j'ai pivoté sans regrets ni crainte. Cheveux gominés et Ray Ban pendouillant négligemment sur le col de la chemise, je reconnaissais l'individu pour être l'ancien bras bras droit d'un des chefs mafieux italiens dont j'avais écourté le règne. Dans une main ferme recouverte d'une affreuse gourmette en or, il serrait un glock dont il semblait avoir la ferme intention de se servir.

C'est ainsi que ça finissait ? Pas de gloire éternelle, de trompettes infernales ou de lumière éblouissante ; la mort s'était résolue à prendre cette forme humaine si pathétique. Ce n'était même pas un mutant.

J'aurais pu faire différentes choses, hurler, injurier, pleurer, implorer, tomber à genoux, m'enfuir. Mais les derniers moments de notre vie semblent destinés à représenter le ton donné à cette dernière.


-< Les empereurs ne paient pas leur dette. > répondis-je avec un arrogant mouvement du menton.

Résolu à ne pas fermer les yeux, je me suis planté là, les mains dans les poches. J'étais né nu, je mourrais au moins dans un costume à 10 000 dollars. Le tueur s'était arrêté à trois mètres. Il leva son arme vers moi et appuya sur la détente.


Dernière édition par Matthew Coffin le Jeu 8 Mar 2012 - 19:37, édité 1 fois
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Owen Reece
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MessageSujet: Re: La chance tourne. [Owen Reece]   Jeu 8 Mar 2012 - 13:28

Central Park, j’ai beau chercher dans tout Manhattan, c’est pour moi ce qui se rapproche le plus d’un foyer. Malgré l’hiver et le froid, malgré les agressions et la haine, ce lieu reste d’une beauté rare, presque magique et ce quel que soit la saison. Bien sûr l’hiver les passants sont moins nombreux et faire la manche y est plus difficile, mais je m’y sens bien. Difficile pourtant d’y dormir par ces températures et ce climat d’insécurité grandissant. Du coup je suis obligé de trouver chaque soir une place dans l’un des nombreux centres d’hébergement du coin. Les meilleurs sont pris d’assaut et il ne reste souvent que les places les plus miteuses avec les alcooliques et les drogués. Je ne suis ni l’un ni l’autre. Difficile de rester honnête tout en devant se payer sa dose quand on n’a déjà pas assez pour manger à sa faim.

Du coup mes journées s’enchainent et se ressemblent presque toutes. Le soir je fais la queue devant un centre d’hébergement, parfois pendant plusieurs heures. Ensuite c’est une douche s’il y en a, chaude si j’ai de la chance, et un lit sans trop de vermine si j’ai réussi à avoir une place potable. Après c’est le sommeil par intermittence, interrompu par les ronflements des autres, les bagarres. De toute façon je ne peux dormir que d’un œil, les vols sont fréquent entre SDF, certains feraient n’importe quoi pour avoir leur dose. Les repas le soir ne sont servis que dans certains centres et ceux du matin sont encore plus rares. Parfois on arrive à avoir quelques vêtements avant d’être jetés dehors dans le froid.

De toute façon si je veux ramasser quelques billets pour m’acheter de quoi manger, il faut bien que je sorte dans la rue pour mendier un peu. Les meilleurs endroits restent devant les banques ou certains commerces. On ouvre la porte au clients en les saluant bien bas, et des fois ils nous remercient en donnant un petit quelque chose. Mais la plupart du temps, ils font comme si nous n’existions pas. Nous sommes les pestiférés de ce siècle décadent, de plus en plus nombreux comme si la misère était une maladie contagieuse et qu’il ne faille pas nous approcher. Il n’y a sans doute qu’une autre catégorie de la population qui soit autant sinon plus méprisée encore que les SDF : Les mutants. S’ils savaient que j’en suis un ce serait encore pire, alors je me fais discret.

La matinée n’a été ni bonne ni mauvaise. J’ai réussi à avoir une place devant l’une des banques bordant Central Park et à force d’ouvrir la porte et de saluer les clients, j’ai ramassé un peu plus de 6 dollars. Presque une fortune pour quelqu’un d’affamé comme moi dont le dernier repas remonte à presque 24 heures. Du coup je me dépêche de rejoindre un vendeur de Hotdogs que je connais bien afin de combler ce vide.

Mon sandwich en main, je remonte les allées presque désertes de Central Park jusqu’à un banc non loin du réservoir, ce grand lac artificiel qui sépare presque le parc en deux. Je mange avidement mon Hotdog le regard perdu dans le vide quand un homme très bien habillé apparait sur ma gauche. Il marche d’un pas alerte perdu dans ses pensées. Vu son allure et son costume sur mesure, ce doit être un de ces PDG ou banquiers qui pensent que le monde est à leurs pieds. Je termine mon sandwich en détournant le regard. D’expérience je sais que se sont presque toujours les plus riches qui donnent le moins.

Pourtant, tandis qu’il s’approche de plus en plus, je remarque un autre individu bien plus louche qui suite le premier. Il marche à pas rapides et regarde autour de lui comme s’il redoutait quelque chose. Immobile sur mon banc, en partie caché derrière un arbre, il ne m’a sans doute pas vu. C’est alors qu’il rattrape l’homme d’affaire et qu’il sort un flingue de sous son manteau avant de le lui pointer dans le dos tout en l’interpelant. J’ignore ce qu’il peut lui dire, il ne parle pas en Anglais, mais en Italien apparemment. L’autre se retourne et le regarde dans les yeux. Le premier tend le bras et ses doigts se crispent sur son arme. Il va faire feu !!!

Sans m’en apercevoir, je cire : « Attention !!! » A l’homme d’affaire alors que celui-ci sait très bien ce qu’il l’attend.
Mais plus étrange encore mon sens moléculaire s’est instinctivement déclenché sous l’effet de la panique. Je ressens les choses aux alentours sous un autres aspect plus complet et plus complexe. Mon esprit se tend vers l’arme du tueur tandis qu’il appuie sur la détente. Sans trop réfléchir mon pouvoir s’active et je déforme légèrement le canon afin d’empêcher la balle d’en sortir. Ce que je n’ai pas prévu c’est ce qui va se passer ensuite.

Le tueur appuie non pas une fois sur la détente mais deux. La première balle se coince effectivement dans le canon de son arme, mais la seconde fait exploser le pistolet automatique. La culasse vole en éclats dont la plupart sont projetés en arrière sur une très courte distance. Du coup même le tueur n’en reçoit aucun au visage. Par contre le reste de l’arme tombe au sol avec plusieurs des doigts de sa main droite, arrachés par l’explosion de l’arme. Le type tombe à genoux sous le coup de la douleur, et il doit être fichtrement costaud pour ne pas tomber simplement inconscient.

Il relève la tête vers sa victime dans un rictus de défi mêlé de douleur avant d’essayer de lui cracher au visage. Puis il lui parle à nouveau en italien.

« Avete la fortuna del diavolo con te bastardo.» (1)

Il attend à genoux, la main gauche fermée sur ce qui reste de la droite, du sang colorant la neige devant lui. J’ignore si j’ai bien agi, ni même si j’ai pris le bon parti. J’ignore qui sont ces deux hommes, mais tout ça ne me dit rien qui vaille. Heureusement pour moi, aucun des deux ne semble m’avoir remarqué. Pourtant si je décide de fuir maintenant ce ne sera certainement plus le cas. Je n’ai tuilisé qu’un infime partie de mon pouvoir et mon intervention est restée invisible. Même un expert balistique aura du mal à conclure à autre chose qu’un regrétable accident, du genre qui arrive une fois sur un million...



(1): Tu as la chance du diable avec toi Batard.
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MessageSujet: Re: La chance tourne. [Owen Reece]   Dim 11 Mar 2012 - 20:11

-Désolé mon gros, mais tu t'es gouré de coin pour casser la croûte !

C'était bien la voix de Yamamoto que j'entendais émaner de derrière un arbre. Je le vis en effet apparaître, entouré de deux gorilles et trainant à bout de bras ce qui semblait être un SDF qu'il jeta à côté du tireur. Quelle étrange journée... Je m'étais attendu à tout, mais probablement pas à cela. Légèrement ahuri, les mains dans les poches je commençais à prendre conscience de l'absurdité compléte de ce qui venait de se passer.

-Je peux savoir ce que c'est que ça, dis-je en désignant le clochard du menton.
Les deux gorilles dégainèrent leurs armes, l'un visant l'italo-américain, l'autre le pauvre bougre.

-On vous cherche depuis près d'un quart d'heure dans le Park, répondit Yamamoto sur le ton d'un boy scout espérant une médaille. En entendant les coups de feu on a activé. Et il y avait ce vieux planqué derrière un rondin qui vous observait.
Je comprenais l'inquiétude du japonnais, pour des assassinats importants il était de coutume de s'octroyer les services d'un traine savate des bas quartiers qui informerait qui de droit si le réglement de compte ne se déroulait pas comme il fallait. Une pratique pourtant obsolète aujourd'hui, génératrice de témoins génants qui étaient près à raconter tout au premier flic venu pour cinq dollars. Cette hypothèse pouvait s'avérer vraie, mais une part obscure de moi-même me soufflait autre chose. Dans ma vie tous les événements étranges ou imprévus l'avaient été par la présence d'un mutant et non du bon Dieu.

-Je comprends pas, repris Yamamoto dont le regard tomba sur mon assaillant, à genoux. Hayden n'était pas sensé vous faire eviter ce genre de merde ?

Hayden Smith, un petit dealer amateur de rock et de métadone. C'était également un mutant capable de voir l'avenir comme le passé. Une capacité lui ayant vallue une place de choix à mes côtés, son don s'était manifesté à mon avantage plus d'une fois, mais un don capritieux dont un simple humain tel que Yamamoto ne pouvait appréhender la complexité.

-Yamamoto, Hayden est un mutant. Il ne peut pas tout prévoir de même que tu ne peux pas mettre dans le mille à tous les coups.
-Ce coup là me suffira amplement, dit-il en sortant un .45 de sa veste avant de l'abaisser sur le manchot. Ma main jaillit comme un serpent, stoppant son geste imbécile.
-Pas la peine d'en rajouter. Si aucun policier n'a entendu la pétarade ce sera déjà un miracle. Ce qui nous ramène à vous...

Mon regard tomba sur le SDF allongé par terre. D'un mouvement de tête je fis signe au garde du corps qui le tenait en joue d'arrêter. Je me suis même agenouillé, afin de me mettre à son niveau. Ma main plongea dans mon veston, non pour en tirer quelconque piece de métal capable d'assurer une mort rapide mais une pince à billet en ivoire richement garnie.

-Voilà qui devrait compenser le tord commis par Yamamoto et vous permettre de manger plus qu'un sandwich dis-je en enfournant dans l'imperméable miteux deux billets de cinquante dollars. Je vais donc vous expliquer comment cela peut se passer. Il y a la façon cool : je vous pose des questions, vous répondez la vérité et d'autres billets s'ajouteront à ceux que je vous ai déjà donné ; tout le monde sera content. L'autre façon c'est moi m'assurant que le premiers facho du NYPD qui passe par là vous reserve un passage en cellule avec les sodomites et les autres tarés de la même espèce. Vous aurez l'impression de vous faire baiser par un train.

Je pense que mon ton ainsi que mon regard étaient assez convaincants pour persuader mon interlocuteur de la capacité de prétentions.

-Commençons sans perdre de temps, repris-je en retirant encore cinquante dollars de la pince à billet. Qui etes-vous et que faites-vous ici ?
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MessageSujet: Re: La chance tourne. [Owen Reece]   Dim 11 Mar 2012 - 21:34

De là où je me trouve, les deux type ne me voient pas. Pourtant je ne cherche pas vraiment à passer inaperçu, je suis juste bien placé. Pourtant avant que je ne comprenne ce qui m’arrive j’entends un bruit derrière moi et une main puissante m’agrippe l’épaule et me pousse en avant.

-Désolé mon gros, mais tu t'es gouré de coin pour casser la croûte !

Le type a un fort accent asiatique, mais sa poigne m’écrase l’épaule tandis qu’il me traine littéralement à sa suite jusqu’au centre du chemin. Là il me balance à côté du pauvre type dont j’ai fait sauter la main. J’en viens à me demander si j’ai bien fait d’intervenir et si j’ai sauvé la bonne personne. Je me retrouve assis par terre à droite du manchot qui tient toujours son moignon sanguinolent tout en jurant à voix basse en Italien.

Le type à qui j’ai sauvé la vie se tient debout devant moi tandis que l’asiatique reste en arrière. J’aperçois aussi deux autres gars en costume sombre qui pointent leurs armes vers moi et le manchot Italien. Le PDG en costume de luxe me désigne du menton en disant.

-Je peux savoir ce que c'est que ça ?

-On vous cherche depuis près d'un quart d'heure dans le Park. En entendant les coups de feu on a activé. Et il y avait ce vieux planqué derrière un rondin qui vous observait.

Celui qui semble être le chef m’observe attentivement tandis que l’asiatique poursuit.

-Je comprends pas. Hayden n'était pas sensé vous faire éviter ce genre de merde ?

-Yamamoto, Hayden est un mutant. ll ne peut pas tout prévoir de même que tu ne peux pas mettre dans le mille à tous les coups.

-Ce coup là me suffira amplement.

Le dénommé Yamamoto pointe alors son arme vers le manchot toujours agenouillé à ma gauche avec la ferme intention de l’achever. Pourtant son patron ne semble pas vouloir le laisser faire. Il pose fermement la main sur le révolver de l’asiatique avant de lui dire.

-Pas la peine d'en rajouter. Si aucun policier n'a entendu la pétarade ce sera déjà un miracle. Ce qui nous ramène à vous...

Dit-il en se tournant vers moi, son regard plongeant dans le mien. Si je n’étais pas déjà assis je serais certainement tombé au sol tellement la peur paralyse mes membres. Je reste assis, appuyé sur les coudes, presque allongé au sol. Il fait un signe à ses hommes et leurs armes cessent de me viser. Puis il s’accroupit en face de moi et plonge la main droite à l’intérieur de sa veste. J’ai un mouvement de recul en pensant qu’il va sortir une arme afin de me tuer lui-même. Mais c’est avec soulagement que je le vois sortir une luxueuse pince à billets bien fournie. Puis il commence à parler d’une voix qui me fait penser que la neige sur laquelle je suis assis est aussi chaude que du sable en plein été.

-Voilà qui devrait compenser le tort commis par Yamamoto et vous permettre de manger plus qu'un sandwich dis-je en enfournant dans l'imperméable miteux deux billets de cinquante dollars. Je vais donc vous expliquer comment cela peut se passer. Il y a la façon cool : je vous pose des questions, vous répondez la vérité et d'autres billets s'ajouteront à ceux que je vous ai déjà donnés ; tout le monde sera content. L'autre façon c'est moi m'assurant que le premier facho du NYPD qui passe par là vous réserve un passage en cellule avec les sodomites et les autres tarés de la même espèce. Vous aurez l'impression de vous faire baiser par un train.

Le calme avec lequel il m’annonce tout ça ne laisse aucun doute sur la sincérité de ses propos. Je sais très bien qu’il n’hésitera pas un seul instant à mettre ses menaces à exécution. Si j’avais eu le moindre doute de toute façon, son regard glacial a fini par me convaincre.

-Commençons sans perdre de temps. Qui êtes-vous et que faites-vous ici ? Dit-il en sortant un autre billet de cinquante dollars

Ce genre de question demande une réponse immédiate. Pourtant la peur me fait bredouiller, j’ai la gore sèche et je cherche mes mots. Il se passe plusieurs secondes qui me semblent des siècles avant que je n’arrive à articuler la moindre réponse.

« …Je… Je…m’appelle Owen… Owen Rosenberg…. Et ... je vis ici, enfin à Central Park… »

Je ne vois pas quoi ajouter. De toute façon je suis trop effrayé pour raconter autre chose que la vérité. Seul mon nom d’emprunt, celui de mon ex-femme, que j’utilise depuis plus d’un an m’est venu aussi facilement que si c’était vraiment le mien…
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