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 Toutes les bonnes choses ont une fin... [PV Ghinzu]

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Enora Lacourt
Elève X-Men Delta
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MessageSujet: Toutes les bonnes choses ont une fin... [PV Ghinzu]   Mer 1 Déc 2010 - 9:30

J'étais assise sur mon lit, perdue dans mes pensées. Dans mes mains, mon journal intime sur lequel était également posé mon téléphone portable que j'avais raccroché quelques minutes plus tôt. J'avais eu l'appel qui venait de bouleverser mon cœur. Celui de mon meilleur ami qui était comme mon frère. Mon cœur s'était à la fois allégé et pesait lourd dans ma poitrine. De nouveau, j'étais déchirée entre ma nature et mes sentiments. Bien que j'avais réussi à me créer ma place ici, à New-York, il me manquait encore mes amis d'avant. Les Français qui avaient eut leur place dans mon cœur. Qui l'avaient toujours et qui me manquaient atrocement…

Était-ce pour cela que j'avais réussi à m'attacher énormément à Daniel Hopes ? Sa nationalité française et son comportement paternel à mon égard avait créé un lien qui me paraissait impossible à briser. J'avais passé tellement de moments agréables en sa compagnie. Ne serait-ce que le jour de mon arrivée à l'institut où j'avais pris le risque de le taquiner à ma façon. Ou bien, quelques heures plus tard, lorsqu'il m'avait retrouvé dans ma chambre qui avait été attaquée par une espèce de gnome vert d'une espèce inconnue. Ce souvenir m'arracha un sourire léger. J'avais retrouvé le goût de vivre. Ou du moins, en partie. Sortir m'effrayait encore un peu mais je commençais à revoir des gens. Icare m'avait montré la lumière, Claire m'avait tendue la main. Grâce à eux, je redevenais moi-même, ne me contentant plus d'en être que l'ombre.

Je lâchai un soupir et me levai du lit. Je posai mon journal sur le bureau et rangeai mon portable quasi neuf dans ma poche. Puis, je pris ma brosse et me coiffai machinalement. C'était devenu une sorte de rituel depuis un certain temps. M'observant dans le miroir, je pris note de mes dernières modifications physiques. J'avais repris un peu de poids, chose qui me soulageait et qui avait soulagé également mon entourage. Mes parents avaient pris de mes nouvelles de façons régulière et commençaient seulement à se relâcher. Je m'apercevais un peu plus chaque jour du mal que j'avais fait aux autres en me comportant de la sorte. Mais je tâchai désormais de laisser cette sombre période un peu en arrière.

Je reposai la brosse à cheveux sur le lavabo et me dirigeai vers la fenêtre. Dehors, l'automne avait montré sa force en balayant les feuilles des arbres, créant un véritable tapis rouge et or sur l'herbe verte. Une contemplation digne d'une œuvre d'art… J'observai ce tableau avec plaisir, les bras croisés, lorsque l'on frappa à la porte. Mes sourcils se haussèrent et je ne pus m'empêcher de me demander qui cela pouvait-il être. Combien de personne m'avait déjà rendu visite ces derniers temps…? Peu. Ne tenant plus face à mon impatience, je déclarai avec simplicité et curiosité :

"Entrez !"
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Daniel Hopes
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MessageSujet: Re: Toutes les bonnes choses ont une fin... [PV Ghinzu]   Lun 6 Déc 2010 - 20:55

Certains rêvent de gloire qui se conjugue avec une renommée éphémère.
Certains rêvent de la puissance qui permet d’acheter ce qui n’a pas de prix.
Certains rêvent de retrouver le gout de l’envie tant ils ont eu à profusion.
Certains ont eu des hymens sans émois ou sans efforts, d’autres se sont cru roi.
La vérité reste limpide comme le regard dans le miroir. On ne raconte que ce qu’on rate et on ne souffre de ce qui nous manque que lorsqu’on a testé le gout. On peut envier de caresser une crinière rousse, on en souffre véritablement que quand les doigts en sont irrémédiablement empêché.

L’Homme qui a le temps, de quoi peut-il donc souffrir ?

Le mot est simple, la solitude. On meurt seul, c’est acquis. Même le plus entouré des patriarches fait face seul à la faucheuse en l’heure terrible. On nait dans la chaleur des hommes, on grandit des autres mais on s’éteint en monologue, creusant le ventre de la terre en un dernier adieu, les paupières closes de la fatigue du monde et de ses lueurs trompeuses. Celui pour qui le temps n’est qu’un décor est condamné à voir pousser les fleurs et les voir se faner dans la complainte du crépuscule.
Il comprend dès lors que ce qui remplit, ce qui nous remplit, ce sont les liens que l’on sécrète entre les êtres, nous voilà partition que d’autres parfois se plaisent à jouer. Mais voilà, un violon même avec son archer est inutile poids de ce monde si personne n’en joue.
Tel est Hopes. Le fils d’un temps qui s’est brisé et qui dès lors n’est plus celui des hommes. Il est la statue sur la place et il ne peut sourire car il sait la vérité. Vérité ironique de celui qui ne veut pas vieillir, l’Homme de ce monde. Il a vu, voit et verra. C’est là l’unique certitude dans le flot des visages qui passent.
Il a vu, voit et verra.

Qu’est-ce qui colore ses rêves dès lors ?

Ce qu’il a eu et n’aura plus.
Le labeur au soir tombant, le chemin des certitudes à l’ombre du sourire, ce chemin cent fois point de départ et toujours au même retour. Là dans le Sanctuaire de la vie et les trésors au-dedans. Un regard doux et aimant, la chaleur du corps d’une femme et son esprit apprivoisé à force de tendresse qui guide deux regards braqués vers le même avenir. Le cœur apaisé dans l’âtre du foyer et la main caressant la blondeur d’un enfant. Son enfant.
Cette partie de soi échappée du rêve et l’espoir d’un éternel recommencement. « Elle sera ma fierté et mon projet, sa main dans ma main conjuguée ». Quelque part, on ne nait que pour mourir mais le malicieux a contré la malédiction en offrant la vie ailleurs, surgissant de la brique en un chiendent heureux.
On subsiste dans les yeux, dans le cœur et définitivement dans le souvenir car l’amour, lui, ne vieillit pas. Il peut s’empoussiérer, certes, mais ne s’oublie pas.

Voilà le but du Time Tricker. Voilà son drame et sa déchirure.
Les choses du cœur s’envoilent de pudeur lorsqu’elles sont de cette nature, c’est ainsi et on connait toute la violence des passions qui ne se disent pas. Hopes une fois à posé des mots sur son lien avec elle. Ce fut un travail énorme mais la vérité le pousse à être lucide.

Enora n’est pas sa fille.

Même si des milliers de fois il aurait souhaité qu’il en soit autrement. Elle ne l’est pas car Dieu est un homme méchant qui ne fait pas bien les choses. Elle a sa vie et ses préoccupations, le professeur le sait bien et même si parfois en ses soirs de grandes lassitudes ou cherchant un but à poursuivre sa marche dans le désert, il la voyait elle, il savait que cette vérité n’en n’était pas totalement une.
Il se bat pour sa fille avec l’énergie du désespoir, car c’est de cela qu’il s’agit, mais même ce lien est une volonté non naturelle. Il mourra plus seul que seul encore puisque c’est ainsi que les choses doivent finir.

On peut avoir conscience de tout cela.

On peut en avoir le cœur déchiqueté.

Tout le monde a le droit de souffrir et d’être malheureux.

Ca ne change rien aux faits. Il vient à elle aujourd’hui et déjà ne trouve plus les mots avant même de frapper à la porte. Lorsqu’elle lui ouvre, il reste perplexe. Lui qui adore manier les mots, le voilà idiot.
Il pense aux convenances et à la manière de dire les choses, il lui fera mal, il le sait et s’en mortifie déjà mille fois car c’est la dernière chose qu’il désire. Les mots ne passent pas la première tentative, ils se sont teintés de protocole et de manières, pire qu’un langage alibi : le langage de la raison sommes toute assez rassurant par son classicisme. Il les retient et les ravale. La deuxième tentative se soldent par un échec cuisant, les mots s’entrechoquent déjà de « parce que » et de compromis illusoires. Il semble bredouiller, cet instant lui semble une éternité. La troisième vague va-t-elle aussi s’abimer sur les récifs ?
Certes pas car il trouve sa réponse dans la pureté des iris de son vis-à-vis. Ce regard doux et avide, franc et noble, comme le sien jadis.
Au diable tout le verbiage !
Au diable nos convenances !
Au diable les liens logiques, les liens du sang. I
ls seront Père et fille s’ils réinventent leur monde et la réponse est là, dormante sous la chaleur de l’amour.

Hopes incline la tête et les mots enfin parlent d’eux même.



- Enora, ma fille, je suis venu te dire au revoir..et que je t’aime.
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Enora Lacourt
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MessageSujet: Re: Toutes les bonnes choses ont une fin... [PV Ghinzu]   Jeu 23 Déc 2010 - 19:42

Je ne comprenais plus. Le temps semblait s’être figé, arrêté, stoppé, mis en veille et bien d’autres encore. Mes sens, mon cerveau, plus rien ne semblait répondre devant l’état de béatitude général qui m’avait frappé. Tout s’était enchaîné si vite et si lentement à la fois.

Daniel avait ouvert la porte et c’était avec le sourire que je l’avais accueilli. Je m’étais avancée vers lui, si heureuse de le voir. Mais son expression m’avait tout aussi rapidement refroidie. Il ne venait pas me rendre une simple visite. Non. Il avait quelque chose à m’annoncer. Et à la façon dont il se comportait, j’en avais rapidement déduis qu’il s’agissait d’une mauvaise nouvelle. Que se passait-il ? Je ne savais que penser. J’attendais qu’il me dise tout simplement ce qu’il avait à me dire mais il semblait paralysé. Il dut s’y reprendre à plusieurs fois. Tous ses essais se soldaient par des échecs. Durant tout ce temps, je restai immobile, en alerte, prête à toutes sortes de réactions. Et finalement, il parvint à parler et je compris alors en quoi tout cela était si difficile à dire.

« Enora, ma fille, je suis venu te dire au revoir… et que je t’aime. »

Le vide, on ne le ressent pas. Juste ses effets. Et dans la situation présente, c’était presque la totalité de moi-même qui vivait un vide énorme. Etait-ce une partie de mon cœur qui venait d’exploser en éclats ? Daniel Hopes. Le Time Tricker. Mon professeur. Mon père mutant. Tout cela semblait se détruire petit à petit, à chaque mot supplémentaire qu’il prononçait. Les yeux écarquillés, je l’observai sans pouvoir dire quoi que ce soit à mon tour. Je devenais muette. J’étais déboussolée. Comme ce jour où j’étais arrivée jusqu’à lui après la disparition de Vermine. Plus rien n’avait de sens ou toute chose l’avait perdu. Que dire ? Que faire ? Où aller ? Comment réagir ? Tout cela me dépassait. De nouveau, je retombais dans le trou du lapin blanc, me replongeant dans ce monde si irréel. Mais rien ne changeait. Daniel était toujours là et il ne chercha pas à modifier ses paroles.

Alors, mes neurones se reconnectèrent et je pus penser de nouveau. Rationnellement ? Aucune idée. Mais au moins, je comprenais ce que ces mots impliquaient. Daniel… partait. Pour moi, jamais ces mots n’auraient pu tenir dans une seule et même phrase. Et pourtant… Ils étaient bien là. Ensemble. Et leur alliance me montrait la séparation que j’allais subir. Je devais réagir. Je savais que je n’arriverais pas à modifier les choix qui étaient les siens. Mais je ne pouvais simplement lui dire « Très bien, à la prochaine » sans tenter ne serait-ce qu’un instant de l’en empêcher. Et ça, c’est parce qu’il était comme mon père. Comme un membre à part entière de ma famille. Moi aussi, je l’aimais. Et à ce moment là, c’était mon amour pour lui qui me dictait ma conduite. Et tandis que les larmes me montaient aux yeux, ma gorge tentait de se dénouer.

« Je… Je… Enfin… Non… Vous… Ce n’est pas possible… Vous ne pouvez pas… Pas comme ça… Maintenant… Mais… Je… Pourquoi ? Professeur, vous… Je ne peux pas… Je vous ai promis… »

Tout cela était bien chaotique… Et ne signifiait pas grand-chose. Je secouai la tête comme pour me remettre toutes les idées en place tandis que mes souvenirs revenaient m’embrouiller. Une glace au chocolat et un café. Un restaurant français. Son sourire. Son regard par-dessus les lunettes. Et enfin, la demande qu’il m’avait fait ce jour là. Les études qu’il me destinait. Mon hésitation puis, son départ. Et un autre souvenir, me changeant radicalement de décor. Des pièces blanches. Des infirmières. Un lit. Le lit dans lequel il reposait. Mes larmes. Ma promesse…

Et aujourd’hui, ces larmes, telles des lames aiguisées me découpant les joues, s’étalaient sur mon visage. Et l’amour me poussa dans ses bras. Je ne pouvais oublier tout ces moments passés avec lui. J’avais besoin de son étreinte paternelle qu’il avait déjà eue. Même si cela devait être la dernière avant une prochaine qui devrait se faire attendre. Puis, quand enfin, je me sentis capable de sortir une phrase complète sans la rendre incompréhensible, je me détachai un peu de lui et le regardai de mes yeux humides. Puis, j’osai ce que je n’avais jamais osé.

« Daniel… Ne me laissez pas comme ça… Et… Pourquoi ? Où partez-vous ? »
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Daniel Hopes
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MessageSujet: Re: Toutes les bonnes choses ont une fin... [PV Ghinzu]   Lun 27 Déc 2010 - 20:54


Les liens sont ce qui nous relient au monde.
Les files invisibles qui nous permettent de savoir que nous ne sommes pas seuls comme des météore traversant l'espace glacial pour se mourir au fin fond d'une nuit sans émois. Les liens nous gardent les pieds sur terre et le cœur ouvert aux autres. Le risque est grand quand on a que soi à écouter qu'on finisse par n'entendre plus rien d'autre que ce qu'on veut entendre. Le jour à la surprise de la vie se meurt, c'est tout l'univers qui s'effondre. La vie n'a plus de sens et nous la traversons comme un tunnel sans issue.
Les liens ne sont pas visibles mais sont plus solides qu'on le pense.
Le Sang, l'Amour, le Cœur...ils puisent leur force à la source de ce que nous sommes de meilleurs.
Ils peuvent se dénaturer, s'affaiblir, s'oublier...mais jamais ils ne disparaissent pour autant.


Adolescent Hopes écrivait.
Ceux qui écrivent vous diront qu'ils n'écrivent que pour raconter les étonnements qui les frappent où les choses qui leur passent à coté. Il est faut que l'on ne parle bien que de ce que l'on connait par expérience. La vérité en écriture n'intéresse que le Journaliste. Le Phantasme est plus coloré, bien plus éloquent car il trouve son encre aux sources même de ce qui nous touche, là où sont secrétés les liens.


Et mes yeux voient ce que tu aurais du voir.
Et mon coeur reste sourd de ce qu'il ignore
Ma mémoire est voilée de souvenirs illusoires,
Et ton nom jamais à mes lèvres vient n'éclore.

Ni l'un, ni l'autre n'avons d'age.
Tu es une aube à jamais figé
Je suis un crépuscule trop sage,
Condamnés à ne jamais se retrouver.

Je suis mort de ton absence.


C'était là quelques bribes échappées du souvenir. Les carnets d'errances du Professeur avait sans doute finit au feu comme le reste de certains espoirs. Des choses qu'ils croyaient morte et à jamais inaccessibles. C'était en ce monde qu'on lui donner la chance de rattraper son temps.
Doucement elle se serra contre lui. Il préféra ne rien lui dire la laissant pleurer. Il en aurait bien été incapable car si il s'y été essayé, les larmes sans doutes l'auraient submergées à son tour. C'était difficile, comme si on lui arrachait une partie du cœur.
Il l'enserra contre lui et la serra tendrement.
Il savait qu'il la reverrait, il ne pouvait pas en être autrement, c'était une question de liens.
Sa main caressa lentement ses longs cheveux, il trouva les gestes par instinct, les geste d'un père.



Chuttt mon Petit Ange...du calme..ca va aller, ca va aller...*

IL finit par s'agenouiller face à elle pour prendre son visage à deux mains et essuyer ses larmes d'un revers des pouces. Son regard délavé était planté dans ses iris vibrante et sa voix se volait presque berçante.



Ce n'est pas parce que je pars que je t'abandonne, ma Blondie..Jamais je ne te laisserais seule. Il te suffira d'un mot pour que je viennes. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivé depuis une éternité. Cependant pour que tu puisses avoir un avenir et être en sécurité un jour, certaines choses doivent être faites comme ces choses que je t'ai demandé de faire à l'avenir...moi aussi j'ai ma part du contrat à remplir. Je dois protéger ceux que j'aime et pour ca, je dois être amené à jouer un jeu qui ne me plait pas. Tu entendras des choses..déplaisantes à mon sujet..mais je vais prendre le temps à toi..et à toi seule de t'expliquer où je vais. Charles, seul, le sait et j'agis sous son ordre. Ce que je vais te dire, ma puce, ne dois jamais être répété ca nous mettrait en danger tous les deux. TU comprends ? *

Il prit le temps de lui déposer un léger baiser sur le font.


* En français.
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MessageSujet: Re: Toutes les bonnes choses ont une fin... [PV Ghinzu]   Jeu 30 Déc 2010 - 21:52

Mon cœur se serrait un peu plus à chacun de ses gestes. Les caresses dans mes cheveux me faisaient chaud au cœur. Je sentais que Daniel était ému, lui aussi. Mais, comme toujours, il tentait de garder la tête haute et surtout, à ne pas le montrer. Dans le fond, cela m’aurait certainement parut encore plus difficile d’accepter le fait qu’il parte s’il m’avait montré clairement que lui aussi était touché par ce départ. Quant au surnom affectif qu’il me donna lorsqu’il me caressa les cheveux, il me fit penser à Icare. Petit Ange. Je n’avais rien d’angélique, du moins pas physiquement. Mais il était vrai que, pour Daniel, j’avais toujours tenue à me montrer exemplaire.

Puis, il me relâcha et se plaça à ma hauteur. D’un geste doux, il vint m’essuyer les joues de ses pouces. Je tentai de retenir d’autres larmes qui menaçaient de couler mais je ne pouvais rien contre cela. A travers mes yeux larmoyant, je le vis planter son regard dans le mien pour ne plus le quitter. Puis, il m’expliqua.

Il serait toujours là. Il me le promettait. Si jamais j’avais besoin de lui, je n’aurais aucun mal à obtenir cette aide. Même si, pour le moment, tout ce que je souhaitai obtenir par un appel, c’était sa simple présence. Dans ses paroles emplies de tendresse, je découvrais ce que je représentai pour lui et un nouveau souvenir me submergea. Celui d’une discussion dans sa voiture. Le jour où il m’avait avoué qu’il aurait aimé que sa fille me ressemble. J’avais été très touchée. Mais jamais je n’avais osé faire la comparaison entre mon père biologique et mon père mutant. Les deux comptaient beaucoup pour moi et il aurait été injuste de choisir lequel des deux méritait le plus ce titre de « père ».

Enfin, il entra dans le vif du sujet, abordant ce qui m’intéressait le plus. Ses futures occupations. Jamais je n’avais imaginé Daniel en brute, en homme dangereux ou même peu fréquentable. Il était toujours si distingué, poli et autres éloges dans le même registre. Ses paroles me choquèrent un peu. Comment pouvais-je envisager d’entendre « des choses déplaisantes » à son sujet ? Inimaginable. Pour le coup, la peur me saisit. Celle de savoir qu’un être cher à mon cœur allait très certainement prendre des risques insensés. Mais nos actes ont-ils toujours un sens ? Parfois, on se sent obligés d’agir, par instinct. D’autres, parce qu’on nous le demande. Parfois, on agit sans être en accord avec sa nature. Et c’était là que ça m’effrayait.

Ses mots s’achevèrent sur des conditions. Je me mordis la lèvre inférieure. Ne répéter ses mots ? A personne ? Quelque soit les circonstances ? Pouvait-il me faire confiance à ce point là ? Je finis par tenter de me relâcher et à secouer légèrement la tête en signe d’approbation.

« Oui… Je… Je comprends… Mais, Daniel, en quoi vos nouvelles activités pourraient-elles être… déplaisantes ? Qu’est ce que vous allez faire ? »
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MessageSujet: Re: Toutes les bonnes choses ont une fin... [PV Ghinzu]   Ven 31 Déc 2010 - 9:10


Il ne la quittait pas des yeux.
Serait-ce mal de l'arracher de l'Institut et de l'emmener avec lui comme une relique précieuse que l'on veut garder contre son cœur ?
Il y avait des possibles qui attiraient.
Repartir en France et rester dans l'Ombre de cette jeune fille, lui tenir la main jusqu'à ce qu'elle sache voler d'elle même.
Non , tout ceci était idiot.
Tout ceci, et peu importe le désir, était impossible. Hopes le savait depuis le jour où elle avait pointé sa frimousse dans le couloir de l'Institut et qu'elle avait échangé ses propos pleins de vivacité d'esprit en compagnie de David : elle serait sa faiblesse. Cette petite bouille de chat blonde serait sa faiblesse, le fantôme de cette vie qu'il aurait voulu avoir.
Il avait pris des disposition, mais elle ne le saurait pas.
Il avait fait en sorte de la mettre totalement hors du besoin en faisant d'elle en partie sa légataire universelle. C'est tout ce qu'il pouvait faire, c'est tout ce qu'il lui était "possible" de faire aux vues des circonstances. Il avait confié son éducation a Jean Paul Beaubier où il lui avait expliqué dans une longue lettre tout le bien et le potentiel qu'il voyait en sa pupille. Il avait confiance en lui pour prendre sa suite.
Il remit rapidement de l'ordre dans ses idées, à elle, il ne mentira pas.

C'est une situation complexe...terriblement complexe.
Nous avions peur que le Gouvernement mette en place une Police Anti mutante et nous sommes lucides sur les dérives qu'un tel organe peut connaitre. Nous en avions longuement parlé avec Tornade et Charles. C'est un pas de plus vers l'escalade et l'implosion de notre monde. ..mais ce pas nous le savions inévitable. Le BAM, Bureau des Affaires Mutantes vient d'être mis sur pied. Il se veut neutre..réglant par la violence au besoin, les problèmes mutant.
J'ai toujours affiché une approche moins conciliante que Charles sur le problème, je voulais montrer que nous autres , X Men, avions du répondant et savions nous faire entendre..par la force, au besoin..je suis une sorte d'électron libre et j'ai mes opinions. J'ignore encore comment...et cela m'inquiète...mais j'ai été approché par le Gouvernement.
Ils veulent montrer pate blanche et rassurer le monde des Mutants sur leur intentions et surtout..leur neutralité...bien entendu..je ne les crois pas si..innocents..
Le fait reste que nous ne pouvons pas nous permettre de manquer l'occasion d'avoir un Droit de regard sur ce qui se trame là bas..et puis nous pourrions protéger nos intérêts là bas..je pense à Morgan ou scott qui sont recherchés par la police et à présent par le BAM.
Charles m'a convaincu d'accepter un poste à responsabilité dans le BAM...pour notre bien à tous.
Je vais..traquer et emprisonner nos frères.
En temps de guerre ca porte un nom : trahison.
Il faut que le reste de l'Institut le voit comme ca..il faut que ca reste crédible. Officiellement je pars suite à une divergence de point de vue avec Charles. Officieusement, je suis une sorte d'Agent Double dont la mission est de vous informer et vous protéger du mieux que je peux du gouvernement.
Vous êtes ma famille..vous le resterez.
Mais il faut que ca passe pour un abandon.
Enora..ils connaissent énormément de choses sur moi..mon passé..mon présent..ca m'a glacé le sang, j'imagine qu'ils ont un fichier pour chacun d'entre nous...
Il faut qu'on sache, c'est vital.
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MessageSujet: Re: Toutes les bonnes choses ont une fin... [PV Ghinzu]   Sam 8 Jan 2011 - 20:39

La tirade dans laquelle Daniel se lança était terrifiante. La chaire de poule m'avait saisie et si je n'avais pas si proche de lui, j'aurais certainement tremblé des pieds à la tête. Une police anti mutante. Ainsi, le gouvernement mettait en place des mesures radicales contre notre "problème". Ma respiration se faisait plus saccadée à chaque mot qu'il prononçait. Je me raidis tandis qu'il continuait.

Cette police avait un nom. BAM. Comme, "bam" dans ta tronche ? C'était là mon ressenti. Un petit mot qui faisait beaucoup de bruit. Une sorte d'explosion inexplicable qui signifiait peut être notre mise en danger à tous, nous, mutants. Il se veut neutre ? Evidemment. Il faut toujours se placer proche de ses ennemis pour mieux connaitre leurs failles. Jamais le gouvernement ne tenterait quelque chose de pacifique à notre égard. De mon point de vue, je redoutai un peu plus chaque jour le moment où il nous enverrais dans des lieux sordides destinés à nous achever et nous éliminer. Tous. Cela s'était déjà vu par le passé, rien ne pouvait les empêcher de recommencer… Mis à part nous. Cependant, si ce bureau se veut neutre, cette image était déjà rayée par la violence qu'elle n'hésitait pas à utiliser pour venir à bout de ses actions.

Daniel m'expliqua alors son point de vue. Un jour, il m'avait avoué être un monstre. Un tueur. Un assassin. Cela, je l'expliquai par le fait qu'il m'avait expliqué son ex statut de soldat. Jamais je ne pourrais le voir tel quel. Et même si, aujourd'hui encore, il m'avouait que la violence faisait parti de ses principes, je préférais me dire que cette violence ne serait utilisée que dans le but de faire bouger les choses pour notre cause. La suite s'avouait moins chouette. Approché par le Gouvernement ? Quoi… Comme dans les films étranges où on fait chanter le héro en menaçant de tuer toute sa famille si il ne se pliait pas à l'autorité ? Pas le style de Daniel de se plier à ce genre de chantage… A moins que…

La suite sortait tout droit de l'irréel. D'un film d'action, un vrai. J'avais en face de moi qui avait accepté de traquer des mutants… Dans le but dans protéger d'autres ? C'était vraiment dingue et peu croyable. L'un en prison pour mieux préserver un autre. Certes, je n'avais pas réellement envie de voir Morgan disparaître de l'institut. Le cours qu'il avait eu l'occasion de me donner m'avait plu. Et encore, le mot était faible à côté de ce que je ressentais. Mais le principe me paraissais déplacé et dangereux pour tout le monde et en particulier pour Daniel. Il se jetait dans la gueule du loup qui, comme il le disait lui-même, tentait de se faire passer pour la blanche brebis.

La suite me fit grincer des dents. Une trahison. Oui. C'était cela. Ou plutôt, c'était comme cela que cela devait être. A mes yeux c'était plutôt de la désertion. Certes, le terme était déplacé. Mais l'abandon que je ressentais était tellement intense qu'il m'était dur de l'entendre me dire de telles choses. Même si c'était pour nous protéger. Même si la Terre entière devait être détruite, il m'abandonnait. Je n'aurais aucun mal à faire en sorte que cela soit vu ainsi. Et le seul avec qui je pouvais en parler était Charles Xavier. Autant dire que ma solitude allait atteindre un stade encore jamais égalé jusqu'ici. Puis, il m'avoua pourquoi il avait cédé à un chantage honteux et sans aucun honneur. La peur. Ainsi, Daniel Hopes pouvait avoir réellement peur. Et pour ainsi dire, ce qui lui avait fichu une peur bleue était en train de me remodeler l'estomac. Un fichier. Peut être un pour chacun d'entre nous. Jusqu'où iront-il…

Mes yeux se baissèrent tandis que j'encaissai tout cela. J'aurais volontiers fait quelques pas en arrière pour m'asseoir sur mon lit mais il semblait que mes jambes ne faisaient plus partie de mon être. Puis, quand enfin ma tête semblait avoir tout compris – ou presque – je la relevai et écartai un mèche de cheveux qui me gênait.

"Je ne comprends pas… Depuis quand tu… Vous vous soumettez à un gouvernement ? Ils vous ont menacé de vous tuer ? L'idée de jouer à la taupe ne me rassure pas beaucoup… Vous allez être en danger constant ! Dans la gueule du loup ! Ils n'auront qu'à fermer les doigts de cette main gigantesque pour vous attraper… Je suis consciente que quelqu'un doit faire ce… Sale boulot. Mais même si vous êtes autonomes, que vous avez vos propres idées et tout… Ca me fait peur… Cette histoire me terrifie. Je… Je garderais le silence. J'ai conscience que la position dans laquelle vous êtes est… bancale. Quant au fait que cela passe pour un abandon…"

Je plongeai un regard attristé dans ses yeux aux reflets océaniques avant d'ajouter :

"Je pense que je n'aurais aucun mal à faire tout comme… Avec un peu de chance, je n'aurais même pas besoin de dévoiler mes talents d'actrices pour se faire… Mais… Je veux juste savoir comment ils vous ont convaincus… Quel est le "maillon faible" de Daniel Hopes…?"
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MessageSujet: Re: Toutes les bonnes choses ont une fin... [PV Ghinzu]   Ven 4 Mar 2011 - 21:15

On dit que l'amour prend plusieurs teintes.
Il a la robe de ces millésimes qui vieillissent leur saveur unique à l'abri des regards des hommes. Qu'il s'habille de passion, d'amitié ou de fraternité, il n'existe pas de liens aussi puissants et aussi destructeurs pour ainsi dire. Il ne vient jamais seul car si c'était le cas, la vie serait trop simple. il génère des sentiments violents comme la jalousie, la dépendance, l'amertume et le désespoir. Il n'est qu'une vaine tentative de lumière dans les ténèbres dévorantes.
Il est pire qu'un virus, il ne vous prend pas à la tête, il vous emprisonne le cœur. Le briser est monstrueusement douloureux, on ne peut s'en défaire sans s'aliéner définitivement une partie de ce que nous aimions chez nous.
Les choses nous paraitraient si fades, sans saveur, sans soleil en son absence et il nous en persuade si bien que de ce fait, son illusion devient prophétie et son accomplissement prend valeur d'évangile.
C'est une épice trompeuse, c'est une cruelle addiction qui nécrose notre monde et le réduit à une expression simple et unique vérité marquée sur l'âme au fer rouge : "je suis ton tout, je suis essentiel".
C'est un piège dont on ne s'extirpe jamais indemne.
C'est cet amour filial que Hopes est en train de tordre comme un métal rougit à peine exhumé des braises de son cœur qu'il croyait aphone. Il le voit tremblant dans le regard de cette ombre dont il sait le besoin quasi physique qu'elle chemine à ses cotés. Il le sent dans les vibrations de cette voix perçant son silence et frappant de mots lourds et tranchant le décor dévasté d'une vie dont il se croyait las.
Il sait déjà combien il est en train de lui faire mal.
Il sait déjà combien il est en train de se faire mal.
Mais derrière cette douleur il perçoit le vide en un repos illusoire. Il aurait voulu veiller sur elle, il sait qu'il ne fera pas et il sait aussi qu'il ne peut ni en blâmer le sort, ni les évènements dont le tumulte les noie. On est libre de choisir, on peut toujours renoncer ou se réinventer, il a choisi la voix de la solitude et une partie de lui même vole en éclats ce soir.

La vérité de cela est simple, du moins c'est ainsi qu'il finit par concevoir les choses.
Daniel Hopes n'est pas quelqu'un de bien, il ne le sera jamais.
Il a eut la prétention de l'être, il ne le sera pas.
Elle est trop pure pour se corrompre lui qui a placé une arme dans ses mains et lui a fait porter la responsabilité de la mort d'un assaillant. Il l'a salit, il a soufflé sur cette lueur qu'il aimait temps et pour celà, il ne s'en remettra pas. Il y en a eu tant..Ernest, Ashe, Louis, David...sa route est parsemée d'anges déchus, brisés par sa malédiction. Enora ne peut pas être la suivante. Jamais.

Entendons nous bien.
Il ne se persuade pas qu'il fait cela pour l'épargner qu'il l'aime trop et qu'il veut la préserver. Il ne s'agit que mensonges auxquels il ne peut souscrire. Il fuit, une fois de plus. Il retrouve ses chemins si rassurants fait de clous et de souffrances.
Il aimerait lui dire qu'il le fait pour elle et que c'est justement cela qui le décide à agir ainsi. La vérité est autre, il pourrait la sauver si il ne s'agissait que de cette crainte. L'emmener et veiller sur elle, ailleurs et loin de la cohue. La cause mutante n'est qu'un prétexte, ce fardeau à tout du sacrifice. Ce soir, il n'abandonne pas sa fille, il s'abandonne lui même.

Hopes est un être brisé et dépressif mais la pudeur et les ténèbres rassurantes viennent de lui clore les lèvres. Il ne parlera pas, il le gardera en son cimetière.
C'est ici que le processus de destruction entamé avec miss Lovelace trouve un singulier épilogue.
C'est ici que se consume la dernière passe d'arme et que la lueur disparait.
C'est fini.

Il garde le silence une longue minute se contentant de la regarder comme si ce moment il l'avait toujours redouté.
Lentement il sort sa montre à gousset qu'il tenait de son père et la garde en sa main comme un ultime trésor. Puis le geste grave et le visage fermé, il s'avance et la dépose sur la commode. Il ne se retourne pas et évite soigneusement de croiser son regard dans la glace. Il n'en dira pas plus, elle comprendra.
Il a fait graver une inscription sur l'or déjà vieillit
Une épitaphe de celui qui passe et qui disparait avec le temps.




Je suis désolé.

Que dire d'autre puisque c'est vrai ?
Que dire d'autre que ces mots que son père ne lui a jamais dit mais suggéré en les gravant dans l'éternité d'une symbolique temporelle " A mon fils, Daniel" en y ajoutant comme un miroir d'outre tombe "A ma Fille, Enora"
C'est gravé ici.

ce n'est plus une parole, c'est une vérité.

Étrange que cette vérité que l'on a voulu muette.
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MessageSujet: Re: Toutes les bonnes choses ont une fin... [PV Ghinzu]   Mer 6 Avr 2011 - 14:22

Le silence se faisait pesant. Et par ce silence, beaucoup de choses s'exprimaient. Un ouragan terrible qui prenait le soin de tout balayer sur son passage, ne nous laissant nous et rien d'autre. Je fixai Daniel qui me rendait mon regard. Mes larmes ne coulaient plus mais je savais qu'un second raid pouvait arriver à n'importe quel moment. C'était tellement prévisible…

Je n'avais jamais envisagé ma vie à New York comme telle. Elle s'était montrée très colorée au début. Voire même peut être trop. Longtemps, je m'étais promenée sur cet arc-en-ciel qui me protégeait de l'abime pourtant si proche qu'il me suffisait de baisser les yeux pour le défier du regard. Mais l'arc-en-ciel s'était brisé. Les couleurs s'étaient comme envolées… Et j'étais tombée. La noirceur m'avait enchainée, m'entrainant avec elle et me livrant à ses soldats sans la moindre once de pitié. D'un monde parfait presque utopique, j'étais arrivée dans un cauchemar vivant auquel il m'avait paru impossible de sortir. Et pourtant, lentement, certaines personnes m'avaient libérées de mes chaînes. Avec le temps, j'étais allée de l'avant, je m'étais relevée, j'avais repris goût à la liberté. Mais aujourd'hui, j'avais de nouveau l'impression que tout s'effaçait. Tout disparaissait de ma portée. Tout… Rien… Quelle différence ?

Oui, l'amour prend plusieurs teintes… Mais sa force reste puissante quelque soit la couleur qu'elle porte. L'amour est capricieux. L'amour nous rend fou avant tout. Mais cet amour là risquait de me détruire. Il n'y avait là aucun complexe d'Œdipe ou bien autres problèmes étranges auxquels on accorde de l'importance. Juste un amour implanté si profondément dans mon esprit qu'il aurait fallu m'arracher une partie du cœur et me supprimer une partie de mon cerveau pour que je l'oublie, que je tente de ne plus y penser… Daniel Hopes faisait parti de moi, de ma famille, de mon existence. Jamais je ne l'oublierais, où qu'il aille et quoi qu'il fasse.

Alors le silence se rompit. Daniel reprit vie et s'éloigna de moi. Il me tournait le dos. Je ne voyais déjà plus ses yeux, son regard, son sourire que j'avais déjà réussi à créer sur son visage. Mon ventre se tordait inlassablement et la boule qui se formait prenait de l'ampleur. Je le vis plonger la main dans sa poche et déposer quelque chose sur la commode. Le miroir me rendait son reflet mais ses yeux restaient baissés ou bien orientés ailleurs. Il le faisait exprès. Il ne voulait plus affronter mon regard qui en disait long sur ce que je ressentait, qui montrait ma souffrance. Puis, il n'eut que quelques mots tandis que cette succession d'action prenait fin. Simplement, il déclara :

"Je suis désolé."


Ma gorge se noua. A mon tour, je ne bougeai plus, n'étant plus animée que par ma respiration que je tentai en vain de mesurer ou par les battements de paupières qui chassaient des larmes qui tentaient de revenir. Je mis un moment avant de retrouver ma mobilité. Mais quand je me sentis enfin prête, je m'avançai lentement vers cette commode pour me saisir de cet objet mystérieux. Sa nature m'apparut évidente rapidement. Mais le message qui s'y cachait mit plus de temps à se faire comprendre. J'eus beaucoup de mal à le trouver puis à décrypter les gravures. L'une était visiblement bien plus ancienne que l'autre. "A mon fils, Daniel." L'origine de cette montre était belle. Un objet que l'on se transmettait logiquement de générations en générations. Et le passage qui venait de s'occasionner ne faisait pas exception à cette règle.

"A ma fille, Enora." Quatre mots qui en disaient longs. Quatre mots gravés dans le métal mais aussi dans mon cœur. Quatre mots… Et ce fut tout mon être qui se sentait faillir. Ma main se referma sur l'objet et ce poing serré vint se placer contre ma poitrine. C'était un geste purement mécanique, instinctif. Cet objet allait devenir une sorte de talisman que je protégerai quoi qu'il arrive, pour ne jamais oublier quelle place il avait dans mon cœur. Quelles que soit les actions qu'il allait faire, les choses qu'il allait dire, son nouveau rôle dans cette guerre, mon cœur ne se souviendrait que de Daniel Hopes, professeur de l'institut Xavier, mon père franco-américain.

Je relevai les yeux, cherchant à croiser son regard. Un regard déjà perdu dans le futur qui arrivait à grands pas. Mes larmes glissaient de nouveau sur mes joues. Alors, sans demander une quelconque permission, ce fut à moi de me glisser dans ses bras. Une dernière étreinte. Un dernier souvenir. Et tandis que je profitai de ce moment si doux, agréable et déchirant à la fois, je cherchai à mon tour quelques derniers mots à prononcer. Et la simplicité reprit le dessus lorsqu'à mon tour, je lâchai entre deux sanglots :

"Tu vas me manquer, Daniel… Tout ce que je souhaite, c'est revoir bientôt ce père que j'aime tant pour constater que les changements qui s'opéreront en lui n'auront atteint que la surface de cet homme charmant que je connais… Et que je puisse faire cette constatation bientôt…"

La suite aurait été inutile et de trop. Je préférai me taire, profitant de ce dernier instant dans les bras de mon nouveau père que j'aimais tant…
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