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 Face aux doutes [Cérès]

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Ernest Lenoir
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MessageSujet: Face aux doutes [Cérès]   Dim 5 Fév 2012 - 13:34

Ernest parcourait les couloirs de la Confrérie de son pas tranquille. Egal à lui-même, il se voulait détaché, impassible. Mais au fond de lui, il était troublé, anxieux. Arrivait-il à le cacher à Cérès ? Rien que l’idée de devoir lui cacher quelque chose était un poids dans son estomac. Il regrettait la paix intérieure qu’il avait ressentit après son réveil. Elle s’en était allée. Elle le narguait dans ses souvenirs. Mais quelle était donc la raison de tout ceci ?

Voilà déjà plusieurs semaines que Vermine s’était remis à sortir du QG. A chaque fois, il se sentait un peu coupable de ne pas en informer Esther. Cette dernière avait tant d’importance pour lui mais parfois, justement à cause de ça, il ressentait le besoin de prendre un peu de distance. Et puis, inutile de le nier, il était plus simple pour lui d’assouvir ses vices hors de la Confrérie. C’était après d’autant plus agréable de revenir à Cérès et, docilement, de faire son possible pour lui rendre service. S’il n’y avait eu que ça, ces sorties « clandestines », le problème n’aurait jamais prit d’ampleur. D’ailleurs, l’enfant-rat savait pertinemment qu’Esther était au courent depuis le temps. C’était un secret de polichinelle, secret qu’il n’avait jamais vraiment cherché à dissimuler plus que ça.

Non, le vrai problème, c’était cette féline qu’il avait rencontré lors de ses sorties. Elle se nommait Neko, elle s’était présenté comme sa petite amie. Il ne se souvenait pas d’elle mais il avait vérifié : les preuves étaient là, Neko disait vrai. Le jeune mutant souffrait toujours d’amnésie, mais son encienne vie lui tendait la main. Personnage médiatique, il lui suffisait de remuer quelques coupures de journaux ou, mieux, de passer deux minutes sur Internet pour se renseigner sur celui qu’il avait été. Il ne se souvenait de rien mais il avait tout retrouvé. Enfin, tout, c’était beaucoup dire. Disons tout ce qui sautait aux yeux. Il n’avait pas cherché à creuser, il avait peur de le faire. Oui, peur. Sa vie d’avant semblait être ponctuée de drames. Il se mit à tenir à son amnésie. Elle prit en son esprit l’image d’un bouclier. Et Neko dans tout ça…

La fille-chatte n’était pas quelqu’un de très subtile ou, tout du moins, elle ne savait pas trop comment s’y prendre. En même temps, on pouvait aisément la comprendre vu l’étrangeté de la situation à laquelle elle était confrontée. Elle s’était tout d’abord heurtée à la froide méchanceté d’Ernest. De la même façon qu’il ne voulait pas se souvenir, il ne voulait plus d’elle. Mais, tenace à l’extrême, la féline avait continuée. La dernière rencontre en date était toute récente et pour cause : elle remontait à moins de quelques heures. Quelque chose d’étrange, d’effrayant, s’y était produit. Ernest avait eu une vision aussi brève que cauchemardesque. Il l’avait presque aussitôt oubliée mais depuis, en lui, s’était installé cet oppressant mal être. C’était tout l’équilibre qu’il était parvenu à reconstruire qui vacillait. Des questions se pressaient dans sa tête. La présente situation avait quelque chose d’intenable.

Vermine voulait sincèrement ne pas aller plus loin, calmer le jeu. Il tenait à la vie qu’il menait à présent, il s’y agrippait. Mais qu’allait-il dire à Cérès si elle se rendait compte que quelque chose ? En même temps, comment ne pouvait-elle pas remarquer quelque chose ? L’enfant-rat, à l’occasion de sa dernière rencontre avec Neko, avait perdu ses habits, sa tenue verte, symbole d’Esther. Il s’était rabattu sur de vieux vêtements, un jean troué et un t-shirt trop ample. Il avait prit une bonne douche mais malgré tout ses efforts, il ne pouvait complètement cacher la blessure qu’il est au front. Elle ne saignait plus, sa fourrure la camouflait en partie, mais elle était là, une trace fine et longue de quelques centimètres, reste du choc contre le piller d’acier.

Vermine se rendait à la salle de repos. Il allait y retrouver Esther. Le voilà arrivé. Face à la porte, il hésita. S’armant de courage et d’impassibilité, il franchit le seuil. D’un rapide coup d’œil, il aperçu Cérès. Il s’approcha d’elle, l’air faussement détendu.


-Bonjour Cérès. Me voilà.
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Cérès
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Dim 5 Fév 2012 - 23:42

Depuis qu'elle avait bu son vaccin, Cérès avait profondément changé. Le personnage au caractère froid et aigre qu'elle était avait un peu disparu au profit d'une femme plus douce et plus ouverte. C'est comme si Cérès avait cédé une partie du terrain à Esther. Elle se montrait plus présente et plus sociable à la Confrérie, prenant un peu le rôle de la gentille gouvernante : celle qui ne quitte jamais la maison mais qui veille au soin de toute la famille. Elle prenait un peu le rôle de médécin, d'infirmière, d'aide soignante, ses talent de biochimistes aidant au poste.

Toutefois, sa réelle "vie de famille" si on pouvait appeler ça comme ça, se déroulait avec Ernest. Depuis qu'elle avait mis la main sur l'enfant-rat, et surtout depuis qu'elle lui avait fait lavé le cerveau par Mastermind, Esther s'était attaché à ce petit être qu'elle avait vu souffrir plus que son content. Selon elle, Ernest n'avait pas un mauvais fond. C'était un gosse paumé qui avait plongé dans les problèmes à cause de sa mutation, de son aspect surtout. En réalité, Esther projetait ses complexe sur lui mais bien sûr, elle ne s'en rendait absolument pas compte.

Ernest était devenu pour elle son petit garçon, son protégé qu'elle s'efforçait de remettre sur un chemin moins violent, moins sale et moins perverti. A son contact, Ernest avait réapprit l'hygiène et le plaisir simple de porter des vêtements propres et neufs. Il avait soigné toutes ses blessures, dominait ses problèmes d'alcool, sa grossièreté et ses autres petits travers. Bien sûr, Esther savait qu'il lui arrivait de fuguer la Confrérie pour retrouver de temps en temps son ancienne vie de bâton de chaise dans les égouts de la ville mais elle avait choisi de ne pas lui en parler. On ne se coupe pas aussi facilement d'habitudes qui ont fait partie de votre quotidien pendant près de deux ans. Et puis, Cérès ne se sentait pas d'aborder certains sujets de conversations comme le sexe. Même si elle savait qu'Ernest avait été précoce dans le domaine et qu'elle se doutait qu'il continuait de l'être de temps à autre, elle lui était reconnaissante d'avoir l'élégance de n'y jamais faire allusion. Peut-être avait-il compris ce qu'elle désirais de lui car devant elle, il s'efforçait d'être le petit garçon exemplaire qu'elle affectionnait et faisait tout pour lui plaire. Elle se comportait de façon quasi maternelle mais n'en avait jamais réclamé le titre. Il restait entre elle et Ernest une sorte de barrière qu'ils franchissaient rarement.

Esther était persuadée qu'un semblant d'équilibre affectif serait bénéfique pour Ernest et l'aiderait à bonifier. Aussi avait-elle pris le plis de régulièrement faire certaines activités sociales avec lui. Lecture, visionnage d'un film, jeu de société, balade en forêt et tout ce qui pouvait contribuer à tisser des liens entre eux. Aujourd'hui, ils avaient convenu de faire quelques parties de domino. L'avantage de ce genre de jeux très simples c'est qu'on peut papoter tout en jouant.

Esther mélangeait déjà les pièces lorsqu'Ernest fit son entrée. Il s'approcha d'elle et lui signifia sa présence.


- Bonjour Cérès. Me voilà.

Toujours occupée à mélanger les pièces, Esther ne leva pas les yeux tout de suite.

- Assied-toi vite mon grand. J'ai presque terminé de distribuer les pièces... Mais... Ernest?

Tout en parlant, elle avait levé les yeux et la surprise l'avait emporté sur sa retenue habituelle. Ernest ne portait pas ses petits vêtements verts qu'elle affectionnait tant. Il avait revêtu deux de ses vieilles pelures défraîchies et trouées qu'elle croyait avoir totalement éradiqué. Ou avait-il pu dénicher ces frusques? Et cette estafilade sur son front? Elle était fraîche même s'il l'avait habilement soignée et camouflée.

- Qu'as-tu fait de tes vêtements? demanda-t-elle doucement.

Elle se leva pour venir prendre entre ses mains le visage de l'enfant-rat.


- Et cette blessure? Comment te l'es-tu faite? Tu l'as au moins lavée j'espère? demanda-t-elle en passant un doigt précautionneux sur son front pour vérifier si la plaie était saine.

Elle l'était bien évidemment, l'Altérium était le meilleur des désinfectants pour Ernest mais elle voulait par ce geste marquer son attention pour son petit protégé. Affectant une mine soucieuse, elle recula Ernest à un pas d'elle, lui tenant les épaules à bout de bras pour l'obliger à la regarder.


- Est-ce que tu t'es battu?
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Ernest Lenoir
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Lun 6 Fév 2012 - 9:27

L’origine du malaise dont était victime Ernest, c’était en partie un doute bien spécifique. Neko martelait l’argument qu’il était manipulé. Et si elle avait raison ? Et si c’était la Confrérie qui était responsable de son amnésie ? Cette question ne quittait plus son esprit. Elle était, de plus, toujours accompagnée par une autre, plus sensible encore : quel était le rôle de Cérès dans cette histoire ? Vermine n’avait pas encore mené de recherche spécifique en la matière. Il avait réellement peur de s’engager sur cette voie, peur de ce qu’il pouvait y trouver. Tout ce qu’il avait fait, c’était de synthétiser la situation dans sa tête, de façon terre à terre. La Confrérie pouvait-elle faire un lavage de cerveau à l’un de ses membres ? Oui, d’autant plus que le membre en question entretenait une relation avec une élève de l’Institut Charles Xavier, qu’on pouvait le considérer comme peu fiable. Oui, c’était plausible, la Confrérie en avait les moyens avec les télépathes travaillent pour elle. Cérès n’était pas télépathe, elle ne pouvait pas avoir fait le coup elle-même. Elle pouvait, en revanche, l’avoir commandité. Si elle avait été tyrannique avec lui, si elle avait fait de lui sa chose, il l’aurait immédiatement tenu comme la première des suspects.

Mais voilà, Esther était tout le contraire d’un despote. Elle était… comment dire... l’enfant-rat ne trouvait pas le mot juste. Ce qu’il savait, c’était qu’il aimait être avec elle, il aimait faire les activités qu’elle proposait. Le jeune mutant était une personne perverse, très porté sur le sexe. Et pourtant, pas une seule fois il n’imagina de chose obscène concernant Cérès. C’était comme si elle était au-dessus de ça. Il avait pour elle une affection particulière qu’il ne pouvait vraiment définir. Et il supposait que c’était réciproque, au moins en partie. Il n’y avait qu’Esther pour se comporter comme ça avec lui. Il acceptait son autorité. Mieux, il la trouvait légitime. Mieux encore, il en avait besoin. Avec Cérès, il avait l’impression d’être un autre, d’être ce qu’il n’avait jamais vraiment eu l’occasion d’être.

Sa froide logique le poussait à soupçonner la Confrérie, à soupçonner Cérès, mais il s’y refusait.

Sur la table se trouvait des dominos. Cérès les avait mélangés et elle les distribuait. Il alla s’assoir mais l’inévitable arriva, Esther remarqua sa tenue et son estafilade. Il garda le silence, s’efforçant de ne pas se troubler de façon apparente, il laissait faire la femme. Elle le questionnait. Dans sa tête, il choisirait avec soin ses mots et il répondit ainsi, d’un ton un peu embarrassé mais néanmoins léger.


-Oui, je me suis battu.

Il contrôlait sa voix mais fit un peu moins attention à ses gestes. Il porta une main quelque peu fébrile jusqu’à sa blessure, comme pour l’évaluer sur l’instant, avant de la rabaisser.

-Mes vêtements ont un peu trop souffert. Alors j’ai trouvé ça à la place. C’est juste pour dépanner. Et la blessure, c’est rien. J’ai nettoyé.

Ces vieux habits, il les avait dénichés dans l’une de ses cachettes, situées dans les égouts. Cérès allait avoir bien du mal à mettre la main sur toutes ses affaires tant elles étaient dispersées. Chose étrange, dit en passant, Vermine n’était plus sensé se souvenir de la position des ses anciennes cachettes et pourtant, le fait était là. C’était comme si son inconscient le guidait. Il cherchait des habits, il en avait trouvé. Ce n’était qu’après coup qu’il avait réalisé être retourné dans un lieu dont il se servait auparavant. Il y avait ici son odeur… et celle de Neko.

-On joue ? demanda-t-il.

Il mit dans cette question peut-être un peu trop d’espoir. Si Cérès continuait à le questionner, il allait très vite être bloqué. Il savait déjà qu’il se refuserait à mentir ouvertement, à inventer des histoires. Là, il s’était contenté d’être vague.

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Cérès
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Lun 6 Fév 2012 - 21:29

Ernest se dégagea doucement de ses mains pour aller s'asseoir et commencer à ranger son jeu. Il répondit d'un air distrait et légèrement ennuyé que Cérès ne lui avait encore jamais connu. D'habitude, Ernest ne lui cachait rien. Et quand elle se questionnait à son sujet, il lui répondait sans plus de façon et sans se montrer le moins du monde gêné. Or aujourd'hui, sa réponse était gênée et absolument pas satisfaisante. Cela équivalait à répondre un simple "parce que" à un "pourquoi". Pour la première fois depuis des mois, Esther se soucia de la fidélité d'Ernest.

Bien sûr, elle savait que petit à petit les effets de son lavage de cerveau se dissiperaient en partie mais elle comptait sur le lien affectif qu'elle tissait avec Ernest pour que ce dernier ne se détourne pas d'elle. Hélas, bizarrement, aujourd'hui, elle avait l'impression pour la première fois que ce lien ne suffirait peut-être pas. Qu'est-ce qu'il pouvait bien lui cacher? Un souvenir compromettant qu'il se rappelait? Une rencontre inopportune?


- On joue?, questionna le petit rat.

Cérès vint s'asseoir en face de lui mais ne regarda pas ses dominos. Son sentiment désagréable s'accentua du fait qu'avec cette petite question anodine, Ernest tentait sciemment de noyer le poisson. Elle ne sut trop comment réagir. Douceur? Morale? Colère? Culpabilisation? Étonnement? Sans vraiment s'en rendre compte, elle s'entendit lui dire d'une voix un peu incrédule :


- C'est tout ce que tu as à me dire?

Elle marqua une petite pause puis insista à nouveau.

- Ernest... Avec qui t'es-tu battu?

S'il s'était agit d'un rôdeur quelconque, Ernest le lui aurait dit sans plus de façon. Elle avait bien sa petite idée sur le ou plutôt la responsable de cette attaque mais elle garda son intuition pour elle. Ernest devait se confier à elle. Il ne fallait surtout pas se comporter comme une inquisitrice bien que ce n'était pas l'envie qui lui manquait.
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Ernest Lenoir
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Mar 7 Fév 2012 - 8:55

-Heu…

Les dominos sur la table avaient soudain prit un intérêt nouveau pour Ernest. Son regard était vissé dessus. Il avait beau réfléchir à toute vitesse, ce n’était pas suffisant pour s’extirper de l’impasse face à laquelle il se trouvait. Ce moment, il l’avait redouté, mais il n’avait pas pu s’y préparer. C’était justement parce qu’il n’y arrivait pas qu’il le redoutait tant. Seulement, il ne pouvait pas rester ainsi, bloqué dans cet étrange mutisme. Il tapota nerveusement de la griffe sur un domino.

-Et bien… je…

Pourquoi se malaise au fond ? Pourquoi n’arrivait-il pas à se confier à Cérès, cette fois ? Il en avait besoin pourtant. Puisqu’il se refusait à la soupçonner, pourquoi n’allait-il pas au bout de sa logique ? Vermine tenta de relativiser la situation. Ne se compliquait-il pas lui-même la vie en dramatisant la chose ? De toute façon, il n’avait d’autre choix que de parler. Il ne pouvait pas mentir, il ne voulait pas mentir, cela, il se l’état déjà dit. Et puis… et puis… mais oui, bien sûr ! S’il expliquait clairement, s’il ne cachait rien, la réaction d’Esther ne manquerait pas de guider son jugement et peut-être d’éclaircir ses doutes. Cette pensée le débloqua. Ce fut comme un déclique.

L’enfant-rat releva enfin la tête, Il osa de nouveau, bien que timidement, affronter le regard de Cérès.


-Ce n’était pas vraiment une bagarre. C’était… compliqué.

Vermine tourna la tête afin de vérifier qui d’autre était présent dans le foyer de vie : personne. Cela le rassura. Il avait maintenant la volonté de s’expliquer mais le faire était tout de même difficile. Il revint à Esther.

-Ça c’est passé avec une personne que je connaissais… avant l’accident. Une hybride féline surnommé Neko. Elle prétend être ma petite amie. Moi, à 13 ans, avoir une petite amie, c’est dingue.

Il eut un petit rire nerveux. Il n’arrivait pas à retrouver son impassibilité. Il se dit, en lui-même, qu’il devrait peut-être expliquer l’évident : ça c’était passé hors de la Confrérie. S’il le faisait, il devait avouer une même coup qu’il sortait du QG sans autorisation d’Esther. Bon, ça faisait certainement beaucoup d’un coup. Le jeune mutant laissa tout ça à l’évidence, préférant se concentrer sur l’essentiel.

-Enfin j’ai vérifié : elle semble dire vrai.

Il soupira, tout d’un coup accablé. Comme il se sentait mal ! Nerveusement, il se tordait les doigts.

-Ça… c’est pas la première fois que je la vois. J’aurais dû te le dire plus tôt, j’imagine. Mais… mais c’est elle qui veut me revoir, pas moi ! Et puis, ça ce passait bien d’habitude… je… heu… pardon Cérès, j’ai honte.

Il avait dit ces derniers mots avec une frappante sincérité. S’entendre parler lui était insupportable. C’était justement dans ce genre de moment qu’il pouvait mesurer pleinement l’importance qu’avec Cérès dans sa vie. Il n’alla pas plus loin. Il jeta à Esther un regard terriblement anxieux. Il guettait sa réaction. Il avait si peur de la décevoir…
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Mar 7 Fév 2012 - 10:15

Ernest bredouilla, visiblement très mal à l'aise. Intérieurement, l'anxiété d'Esther grandissait proportionnellement à son malaise même si elle n'en laissait absolument rien transparaître. Il osa une timide explication.

- Ce n’était pas vraiment une bagarre. C’était… compliqué.

Si Esther avait encore des doutes, les derniers venaient de s'envoler à l'instant. Elle continua de feindre la surprise pour la forme. Muette, elle fit un petit signe d'encouragement à Ernest.

- Ça c’est passé avec une personne que je connaissais… avant l’accident. Une hybride féline surnommé Neko. Elle prétend être ma petite amie. Moi, à 13 ans, avoir une petite amie, c’est dingue.

Cérès fit appel à tout ce qu'elle possédait d'emprise sur elle-même pour ne rien laisser transparaître de la fureur qui l'envahissait petit à petit. A vrai dire, ce n'était pas de la fureur mais plutôt une sorte de peur panique de voir Ernest découvrir le pot aux roses qu'elle n'arrivait à traduire au mieux que par une envie de hurler et de se défouler.

- Enfin j’ai vérifié : elle semble dire vrai.

Si la couleur de peau d'Esther n'était pas invariablement vert pâle, Ernest aurait pu la voir devenir livide. Le seul geste qui trahit un quelconque trouble fut le domino qui s'échappa de ses doigts pour tomber sur la table dans un petit bruit sec. D'une voix néanmoins calme mais où l'on percevait un très léger tremblement, elle répondit.

- Ernest... Comment peux-tu croire un mensonge pareil? Que tu aies connu cette mutante avant ton accident, je veux bien le croire mais de là à imaginer qu'elle a pu être ta petite amie! C'est un hybride félin. Tu es un hybride rat. Et lorsque je te vois revenir tu n'as plus tes vêtements et tu as une estafilade sur le front. J'ai l'impression qu'elle a plus d'appétit pour toi que d'affection!

La voix était neutre mais les mots légèrement moralisateurs. Ernest sembla les ressentir plus virulents que ce qu'Esther avait voulu en faire. Il se mit à vider son sac d'une petite voix larmoyante.

- Ça… c’est pas la première fois que je la vois. J’aurais dû te le dire plus tôt, j’imagine. Mais… mais c’est elle qui veut me revoir, pas moi ! Et puis, ça ce passait bien d’habitude… je… heu… pardon Cérès, j’ai honte.

Esther eut un juron intérieur. Exit la possibilité de présenter Neko comme une prédatrice. D'ailleurs le sous-entendu était suffisamment clair pour quiconque connaissait le passé de Vermine. Il s'en était accommodé pour quelques parties de jambes en l'air. Malgré elle, un peu de dégoût se peignit sur son visage. Imaginer son petit garçon d'a peine 13 ans s'adonner à la sexualité débridée la mettait on ne peut plus mal à l'aise. Pour la première fois, elle prit conscience de l'affection réelle qu'elle portait à Ernest et que désormais, les froids calculs ne jouaient plus en rien dans la tendresse sincère qu'elle éprouvait pour lui. Elle prit la main d'Ernest et l'attira contre elle. Elle eut alors les premiers mots doux totalement maternels qu'elle lui eut jamais dit et ce d'une voix chargée d'émotions.

- Bien sûr que je te pardonne. Mon petit coeur.... Si je te questionne comme ça c'est parce que je t'aime moi. Tu comprends, tu es un peu comme mon petit garçon... et ça me rendrait folle de chagrin s'il t'arrivait quelque chose alors que je t'ai déjà sauvé par deux fois. Alors quand je t'ai vu rentrer avec ces vieux vêtements et ta blessure à la tête, j'ai eu peur que tu aies repris tes mauvaises habitudes.


Elle le serra un peu plus fort dans ses bras et déposa un tendre baiser sur sa petite blessure. D'abord le réconfort. Les leçons de morales et les reproches viendraient après si elle le jugeait nécessaire.
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Mar 7 Fév 2012 - 11:37

Non. Non ! Ce n’était pas possible ! Cérès ne pouvait jouer la comédie ! Elle semblait si sincère elle-aussi. Elle était si sincère… Qu’elle lui mante ou pas au sujet de l’accident et de son amnésie ne changerait rien au fait qu’en cet instant, elle tenait à lui. Elle avait dit qu’il était son petit garçon. Il voulait tant y croire. Esther le serrait contre elle. Elle ne lui en voulait pas. Une énorme, une gigantesque bouffée de soulagement souffla en lui. Lui-aussi étreignait Cérès. Il tenait à elle autant qu’elle à lui et il le montra sans pudeur. Il n’avait rien à lui cacher.

Bien sûr, les doutes allaient revenir. Ce n’était qu’une accalmie, une éclaircie dans son trouble. Il faudrait plus que ça pour venir à bout des questions impérieuses. Mais pour l’instant, l’enfant-rat oublia tout ça. Il oublia Neko. Seul comptait le moment présent.


-Oui, je comprends Esther, murmura-t-il d’une voix un peu plus apaisée alors qu’une larme perlait au coin de son œil unique.

Son visage, d’ordinaire froid, s’était attendrit si bien que Vermine paraissait avoir rajeuni d’au moins quelques années. Il restait peut-être, au final, encore un peu d’enfant dans ce monstre. Il garda le silence un long moment avant de reprendre.


-J’aimerais me souvenir mais j’y arrive pas… raconte-moi comment tu m’as sauvé la vie. Ça compte pour moi.

Vu la situation, vu la façon dont il le demandait, un beau récit conviendrait mieux à un simple rappel de la réalité. Ernest voulait une histoire ou plutôt, une légende, avec lui et Cérès dedans. Toute la difficulté était sans doute de trouver un juste milieu entre fiction et fait.
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Sam 11 Fév 2012 - 18:19

L'instant qui suivit parut à la fois trop court et incroyablement long à Esther. Serrés l'un contre l'autre, elle et Ernest s'apprenaient. On aurait presque pu voir une aura se dégager d'eux tant ils étaient proches à ce moment, comme deux petits robots qui rechargent leurs batteries au contact l'un de l'autre.

Ce fut Ernest qui brisa le silence le premier.


- J’aimerais me souvenir mais j’y arrive pas… raconte-moi comment tu m’as sauvé la vie. Ça compte pour moi.

Aïe... La question totalement importune. Cérès ne voulait pas avoir à affabuler en présence d'Ernest. Il était clair qu'il avait des bribes de souvenirs. Et si elle avait le malheur de raconter quelque chose qui était en contradiction avec ses souvenirs, elle ruinerait la confiance qu'elle avait réussi à rétablir entre eux. Il fallait trouver une parade. Elle recula Ernest et lui caressa tendrement la joue.

- Pourquoi veux-tu raviver de si mauvais souvenirs? Le passé est le passé et je crois que tu serais bien plus épanoui en restant à l'abri de ton amnésie. Tu as la chance d'avoir oublié des souvenir horribles et douloureux. Même si la tentation de savoir est grande, ne succombe pas à ta curiosité. Crois-moi, tu le regretterais à l'instant même ou tu te les remémorerais.

Elle détourna son visage du petit rat et reporta son attention sur le jeu.

- Et si nous entamions cette partie pour nous changer les idées?

Elle avait eu envie d'en profiter pour lui interdire de revoir Neko mais elle se retint de justesse. Cette remarque pourrait ruiner ses efforts et remettre Ernest sur le chemin du doute et de la suspicion.
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Sam 11 Fév 2012 - 23:01

Ernest, sagement, revint à sa place, face à ses dominos, face à Cérès. Se plonger dans le jeu était certainement la meilleur chose à faire, d’autant plus qu’il aimait ça. Mais y arriverait-il. Il était tant perdu dans ses pensées que cela se voyait clairement. Il tenta de se raisonner. Il observa les pièces en sa possession.

-Bon, alors je commence.

Il positionna le premier domino d’un petit geste vif.

-A toi.

Mais voilà déjà qu’il reparait au beau milieu de ses réflexions. Son regard se perdit dans la contemplation d’Esther. Un instant après, il reprit. Car il avait besoin de parler. Le sujet sensible, objet de tant de questions, avait été évoqué. L’enfant-rat ne pouvait pas se résoudre à refermer ce chapitre sans avoir obtenu quelques réponses, assez pour s’apaiser. Car il ne cherchait au final qu’à être en paix avec lui-même.

-Je sais que tu as raison, Cérès. Oui, j’en ai la conviction. Mon passé est sombre. L’avoir oublié est une chance. Et j’aimerais que cela reste ainsi. Mais j’ai peur que ce ne soit pas le cas. En fait, j’en suis sûr. Tôt ou tard, ça va me revenir. C’est toujours en moi, derrière le rideau de l’amnésie qui semble s’estomper peu à peu.

Il ménagea une petite pause, se replongeant un instant dans le jeu avant de revenir à sa tirade.

-Il me manque un œil, il me manque des dents, il me manque un morceau de queue, mon corps est couvert de cicatrices… Mon passé est là, sur moi, bien trop proche pour que je puisse lui échapper. Je le vois à chaque fois que je me regarde dans une glace. Et encore, je n’évoque pas cette foule d’informations qu’on peut trouver sur moi en tapant simplement mon nom sur Google. Ma tête est mise à prix, mon casier judiciaire est incroyablement plain pour un gosse de mon âge. Je ne me souviens de rien mais mon passé est de partout. L’amnésie est une chance mais elle est trop belle pour durer.

S’il voulait la maintenir autant que possible, l’enfant-rat devait cesser de voir Neko, mais pas seulement, Il devait cesser de chercher des informations sur lui, cessé de se poser des questions, même cesser de se regarder. C’était un combat perdu d’avance. Et même s’il arrêtait tout ça, il savait que cela ne changerait rien. Depuis cette dernière rencontre avec la féline, quelque chose s’était amorcée. Il avait peur et il le dit.

-J’ai peur de ce que je vais découvrir, peur de ne pas être prêt. Cérès, s’il te plait, aide-moi. Je préfère savoir avant de me souvenir. Ce sera moins brutal. C’est pour ça que j’aimerais que tu me raconte comment tu m’as sauvé la vie. C’est un bon début, non ?

Ce n’était clairement pas une demande anodine. Il y tenait beaucoup. Il voulait se protéger par tous les moyens. Le savoir, pour lui, en était un.
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Cérès
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Sam 3 Mar 2012 - 20:44

Le débat semblait enfin clos. Ernest reportait son attention sur le jeu et entamait la partie. Esther sentit un petit poids s'élever hors de sa poitrine, comme lorsqu'on s'écarte d'un danger et qu'on se dit qu'on a évité le pire. Elle posa à son tour un domino sur la table. Ernest se mit à parler tout en jouant. Ils avaient l'habitude de se raconter leur journée, des souvenirs communs ou même de petites envies, des rêves inavoués pendant leurs petits moments d'intimité. C'était une manière d'affermir leur lien privilégier.

- Je sais que tu as raison, Cérès. Oui, j’en ai la conviction. Mon passé est sombre. L’avoir oublié est une chance. Et j’aimerais que cela reste ainsi. Mais j’ai peur que ce ne soit pas le cas. En fait, j’en suis sûr. Tôt ou tard, ça va me revenir. C’est toujours en moi, derrière le rideau de l’amnésie qui semble s’estomper peu à peu.

Esther s'arrêta de jouer. Décidément, une fois qu'Ernest avait quelque chose en tête, il ne l'avait pas ailleurs. Elle compris qu'il n'avait pas décidé de lâcher l'affaire. Elle sentit une pointe de désarrois passer dans sa poitrine. Jusqu'ici, Ernest avait toujours respecté sa douceur comme la seule autorité naturelle qui puisse émaner d'elle. Jamais il n'avait outrepassé cette limite. Hélas aujourd'hui il semblait décidé à passer outre cette barrière. C'était un peu légitime. Chaque enfant cherche ses limites et teste ses parents. D'un sens, Esther fut flattée car cela montrait qu'Ernest la traitait un peu comme sa mère.

-Il me manque un œil, il me manque des dents, il me manque un morceau de queue, mon corps est couvert de cicatrices… Mon passé est là, sur moi, bien trop proche pour que je puisse lui échapper. Je le vois à chaque fois que je me regarde dans une glace. Et encore, je n’évoque pas cette foule d’informations qu’on peut trouver sur moi en tapant simplement mon nom sur Google. Ma tête est mise à prix, mon casier judiciaire est incroyablement plain pour un gosse de mon âge. Je ne me souviens de rien mais mon passé est de partout. L’amnésie est une chance mais elle est trop belle pour durer.

Cérès sentit une colère sourde monter en elle. Ce n'était pas tant qu'Ernest cherche la vérité qui la dérangeait mais plutôt les minauderies qu'il faisait pour arriver à ses fins par des chemins détournés. N'avait-il pas confiance en elle? Se sentait-il toujours obligé de la craindre? D'avoir peur de jouer franc jeu?

-J’ai peur de ce que je vais découvrir, peur de ne pas être prêt. Cérès, s’il te plait, aide-moi. Je préfère savoir avant de me souvenir. Ce sera moins brutal. C’est pour ça que j’aimerais que tu me raconte comment tu m’as sauvé la vie. C’est un bon début, non ?

Comment pouvait-elle continuer de refuser sans avoir l'air d'être de mauvaise volonté? Et comment pourrait-elle se dérober autrement qu'en faisant preuve de colère ou d'autorité? Elle décida de réagir énergiquement et de crever l'abcès avant qu'il ne devienne trop immonde. D'un geste énergique, elle frappa la table du plat de la main tout en s'exclamant d'une voix exaspérée :

- Maintenant ça suffit Ernest! Qu'est-ce qui te prend de geindre comme ça? Ca ne te ressemble pas du tout et c'est on ne peut plus désagréable! Je t'ai dit que je ne voulais pas t'en parler car il n'y a pas que pour toi que ces souvenirs sont pénibles. Tu as la chance de les avoir oubliés, pas moi. Alors si tu as quelque chose à me demander, ne tourne pas autour du pot et parle franchement qu'on en finisse rapidement!

Elle avait parlé vite et d'une voix sèche, pinçant les lèvres et les narines. Sa respirations était plus rapide qu'à l'habitude et en dans le silence de la pièce, Ernest pouvait l'entendre respirer et comprendre son exaspération par ce biais. Elle lui offrait une occasion de parler franchement même si elle se posait en mère outragée. Après tout, même les mères les plus douces devaient parfois faire preuve d'autorité et Ernest restait avant tout un garçon de treize ans. Restait à voir comment Ernest allait le prendre.
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Ernest Lenoir
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Dim 4 Mar 2012 - 10:57

Ernest ne s’attendait pas à cette soudaine colère. Et cette dernière ne le laissa pas indifférent. Il parut ébranlé, presque effrayé. Il eut même un léger geste de recul, pas grand-chose, juste quelques centimètres, mais tout de même, ce n’était pas rien. Il avait toujours eu l’habitude d’une Esther douce, tendre, avec lui. Mais ce n’était pas là l’unique raison de sa réaction. Ses craintes, ses doutes, ses angoisses, un temps en retrait, étaient revenu au galop. Son bref soulagement se mua en un pesant mal-être, peut-être plus intense que celui qu’il ressentait en entrant ici. Après la réaction première, dû à la colère de Cérès, ce mal être apparut nettement sur le visage de rongeur. Puis, peu à peu, l’enfant-rat retrouva contenance, parvenant en parti à reconstituer un masque d’impassibilité.

Il ne jouait évidement plus. Il tripotait nerveusement un domino entre ses mains griffues. Il ne répondit pas tout de suite, au contraire, il observa un silence long de plusieurs dizaines de secondes. Pendant ce temps, son œil unique n’arriva tout d’abord pas à fixer quoi que ce soit, préférant s’attarder sur la table, lieu de neutralité. Puis, il finit par se poser sur Cérès. Quand ce fut le cas, il ne la quitta plus. Evidement, l’esprit de Vermine allait bon train. En un instant, il avait fait pour l’énième fois le bilan de tout ce qu’il savait, de tout ce qu’il supposait ou se refusait à supposer, de tout ce que Neko et Esther lui avaient dit… Jamais il n’aurait osé aborder franchement le fond de sa pensée. Mais voilà, on venait de le pousser à le faire. Cette marche qu’il aurait peut-être mis des jours, voir des semaines, à gravir, une colère venait de la lui faire franchir en une poignée de secondes. Bien sûr, il pouvait toujours se défiler, se dégonfler. La tentation était grande d’ailleurs. S’excuser platement et poursuivre le jeu, c’aurait été la meilleure fuite. Mais voilà, Ernest s’y refusait. C’était trop important pour lui. Peu importait le prix, il devait tirer cette histoire au clair.

Quand il prit la parole, ce fut avec calme. Pourtant, il n’allait pas être apaisé dans ses propos. La faute à Cérès qui ne lui avait pas laissé le temps de trouver une approche plus diplomatique. La faute aussi à une certaine peur qui poussait Vermine à foncer tête baissée.


-Tu sais, Cérès, ça fait déjà un petit moment que je fouille mon passé, que ce soit malgré moi ou volontairement. Ce qui a fini par m’interpeller, c’est que dans mon passé, ce que je suis arrivé à reconstituer tout du moins, je ne te trouve nulle part. Je commence même à douter qu’on ait jamais vécu des choses ensembles avant… « l’accident. »

Il avait appuyé sur ce dernier mot. C’était une accusation à peine déguisée. Cette seule réplique était déjà si lourde de sens qu’elle aurait pu suffire. Mais l’enfant-rat, bien décidé à aller au fond des choses, poursuivit sur sa terrible lancée.

-Je sortais avec Neko, Neko qui fait partie de l’Institut. Moi-même j’en ai fais partie un temps. Il me semble même que j’y suis revenu une courte période. J’imagine que ça fait de moi un Confrériste peu fiable. Or la Confrérie a besoin de moi ou plutôt, de l’Altérium. Toi-aussi, personnellement, tu en avais besoin, pour ton traitement. J’ai cherché une trace de l’attaque contre le BAM où, selon toi, l’accident serait arrivé. Je n’ai rien trouvé, même pas l’ombre d’une affaire étouffée. Et pourtant, j’imagine qu’une attaque de ce genre aurait fait la une des médiats. Je me dis aussi qu’ici, à la Confrérie, des télépathes capable de me laver le cerveau, on doit au moins en avoir deux ou trois.

Le domino tomba des mains de Vermine. En lui, une trouille tout simplement énorme était en train de naitre. Il était très clair qu’il avait dépassé les bornes, que ses paroles pouvaient lui attirer de gros ennuis. Mais devait encore tenir quelques mots, juste quelques mots.

-Cérès, tu refuses d’aborder mon passé parce que c’est désagréable pour toi ou parce que tu as peur de ce que je pourrais y découvrir ?
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Mar 6 Mar 2012 - 17:37

Ernest semblait vraiment gêné. Il triturait nerveusement son domino. L'espace d'un instant, Cérès se dit qu'elle avait réussi a détourner le problème pour un temps et que Ernest allait se taire. Mais hélas, il n'en fut rien.

- Tu sais, Cérès, ça fait déjà un petit moment que je fouille mon passé, que ce soit malgré moi ou volontairement. Ce qui a fini par m’interpeller, c’est que dans mon passé, ce que je suis arrivé à reconstituer tout du moins, je ne te trouve nulle part. Je commence même à douter qu’on ait jamais vécu des choses ensembles avant… « l’accident. »

Cérès sentit une sorte de décharge électrique lui traverser le cerveau. Son corps se raidit et devint immobile. Ses yeux s'agrandirent presque sur le point de s'exorbiter et ses lèvres s'entrouvrirent sur une sorte de cri muet. La douleur était multiple. Ernest ne lui faisait plus confiance. Le lui avait-il seulement fait un jour? Ernest lui avait désobéi. Ernest doutait d'elle. Peut-être même était-il en colère ou en était-il venu à la détester?

Ernest qui avait gardé la tête baissé ne vit pas le tumulte qui se déroulait sous le visage d'ordinaire si impassible de sa "mère". Il poursuivait son raisonnement implacable.


-Je sortais avec Neko, Neko qui fait partie de l’Institut. Moi-même j’en ai fais partie un temps. Il me semble même que j’y suis revenu une courte période. J’imagine que ça fait de moi un Confrériste peu fiable. Or la Confrérie a besoin de moi ou plutôt, de l’Altérium. Toi-aussi, personnellement, tu en avais besoin, pour ton traitement. J’ai cherché une trace de l’attaque contre le BAM où, selon toi, l’accident serait arrivé. Je n’ai rien trouvé, même pas l’ombre d’une affaire étouffée. Et pourtant, j’imagine qu’une attaque de ce genre aurait fait la une des médias. Je me dis aussi qu’ici, à la Confrérie, des télépathes capable de me laver le cerveau, on doit au moins en avoir deux ou trois.

Mot après mot, Ernest égrénait l'implacable vérité, faisant, à chacun d'eux, craquer un peu plus le vernis de perfection d'Esther. Soudain, elle lâcha le domino qu'elle tenait en main. Inexplicablement, celui d'Ernest lui échappa au même moment et les deux petites pièces de bois tombèrent sur le sol en même temps. Ce curieux signe sembla donner assez de courage à Ernest pour relever la tête et croiser le regard de Cérès. Il dut alors y lire tout le désarrois qu'elle ressentait. Tout ce qu'il disait n'était jamais que la stricte vérité mais ce qui l'épouvantait, c'est qu'il croyait à une vaste comédie et ne prenait pas en compte les réels et sincères sentiments qui étaient nés par la suite. Elle le comprit en voyant son propre regard de petit animal triste et affolé, terriblement déçu et désemparé. Ernest couina alors :

-Cérès, tu refuses d’aborder mon passé parce que c’est désagréable pour toi ou parce que tu as peur de ce que je pourrais y découvrir ?

Les larmes montèrent aux yeux d'Esther. Elle ne voyait pas de solution à la situation. Refaire un lavage de cerveau à Ernest, c'était perdre tous les merveilleux moments de complicité et de tendresse qu'ils avaient construit ensemble. C'était repousser le problème à une échéance ultérieure. C'était se résoudre à enfermer Ernest et à le surveiller comme un prisonnier d'état. Mais d'un autre côté, tout lui avouer s'était risquer de le perdre aussi. C'était risquer qu'il ne comprenne pas, qu'il ui en veuille, qu'il se mette à la haïr... Totalement désemparée, elle s'entendit répondre d'une voix brisée :

- Je t'en prie Ernest... Pas maintenant... Pas ici... Pas comme ça...
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Ernest Lenoir
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Mer 7 Mar 2012 - 12:20

Non, non et non ! Ce n’était pas possible, c’était un cauchemar ! Vermine doutait, Vermine accusait. Sa peur, son mal être, rendait ses propos effroyablement directs, comme s’il était sûr de ce qu’il avançait, comme s’il voulait avoir raison. Or, c’était justement tout le contraire. Plus il avait exposé son hypothèse, plus il l’avait trouvé ridicule. Non qu’elle n’était pas plausible mais il se refusait toujours d’y croire. Du fond de son être, il aurait préféré que Neko, cette Neko qu’il avait oublié et qu’il recommençait à peine à redécouvrir, se trompe. Pour Ernest, Cérès était un peu le centre de l’univers, la seule chose stable, authentique, presque sacrée, à laquelle se raccrocher. Il avait tout reconstruit à partir d’elle. Il tenait tant à elle. Il voyait en elle la mère idéale. Sa peur, sa terreur, c’était de la décevoir, d’être indigne de son affection. Ce qu’il attendait d’elle en cet instant critique, c’était de lui ôter ses pensées absurdes, de lui donner la preuve de son erreur. Et tant pis s’il avait honte par la suite, tant pis s’il était sévèrement punis. Il aurait tout accepté. Il n’y avait pas de prix trop élevé pour sauvegarder la paix de son petit univers intérieur.

Mais ce désarrois dans le regard d’Esther, sa voix brisée, ses mots… Il ne la reconnaissait plus, elle d’ordinaire si apaisée, si maitresse d’elle-même. Etait-elle en train de lui donner raison ? C’était rien de moins que tout l’univers de l’enfant-rat qui vacillait. Déjà mis à mal par l’amnésie déclinante, ce nouveau cataclysme risquait de le disloquer pour de bon. Le jeune mutant eut l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Non, non et non ! Ce n’était pas possible, c’était un cauchemar ! Voilà ce qu’il se répétait en lui-même. Son œil unique restait braqué sur cette femme, face à lui. Qui était-elle en réalité ? La connaissait-elle vraiment ? Toutes ses certitudes, à l’image d’un château de cartes soufflé par le vent, s’effondraient. Vermine, en son esprit, était comme en chute libre. Dans son affolement, il cherchait un souvenir, une pensée, n’importe quoi pour s’agripper. Mais rien. Et il continuait de tomber. Un égarement sans borne était apparu sur son visage. Il avait la gueule mi-ouverte. Il avait déjà préparé des excuses, pensant devoir les dires précipitamment. Mais elles étaient restées bloquées dans sa gorge. Jamais Cérès ne les entendraient.

Des secondes, terribles, s’égrenèrent sans que Vermine ne puisse prononcer un mot ou même émettre un son. Cependant, il n’était pas sens ressource. Littéralement assommé par les émotions, il finit par s’en remettre, tout du moins juste assez pour mettre un terme à sa passivité. Alors ce fut la colère qui apparut. La peur s’en était allée. Maintenant Ernest se montrait hostile. Certes petit, décidément peu imposant, il restait un criminel, un meurtrie, un dément. Toute cette part glaçante de sa personnalité fit surface. Désormais, l’enfant était bien loin, à moins que ce ne soit cette minuscule larme perlant discrètement au coin de son œil sanglant rendu plus bestial que jamais.


-Pas ici… souffla l’hybride, presque de façon imperceptible.

Un grincement désagréable se fit entendre. Il venait, d’une main crispée, de griffer la table, assez fort pour y laisser des traces nettes. Sitôt après, se servant même de l’appui procuré par cette main sur la table, il se leva brusquement. La table en fut bousculée. Plusieurs dominos en tombèrent, rejoignant au sol les deux qui s’y trouvaient déjà.


-J’vais faire un tour, marmonna-t-il, froidement.

L’instant d’après, la porte claquait dans son dos. Il parcourut les couloirs du QG en marchant mais à très vive allure tout de même. Il ne fit attention à rien ni personne avant d’avoir atteint la sortie du bâtiment. Il essayait de ne plus penser. C’était dur, sa tête allait exploser. Chemin faisant, sa vision se brouilla. Il fit presque un malaise mais n’arrêta pas pour autant d’avancer. Un flash s’imposa à sa vue. Il était là, allongé dans les égouts, mal en point. Quelqu’un approchait dans le conduit : Cérès. Souvenir ? A peine le temps d’en prendre conscience que c’était terminé.

L’air était frais, le temps partagé entre soleil et nuages. Les bois, égal à eux-mêmes, offrait cette immensité de verdure à Vermine. Il n’y fait pas d’avantage attention. Désormais, c’était le hasard qui le guidait. Il trouva un sentier, il se mit à le suivre. Son pas se ralentit, sa fureur s’atténua.

Et maintenant ? Il ne savait pas.

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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Mer 14 Mar 2012 - 22:06

Esther était perdue... Totalement déboussolée. Il était clair qu'elle ne pouvait plus repousser le moment terrible des aveux. Mais le moment était tellement mal choisi. Elle ne se sentait pas le courage de s'ouvrir, de se rendre vulnérable, de se montré fragile, faible et sentimentale dans ce foyer de vie si impersonnel où n'importe qui pouvait entrer d'un moment à l'autre. Si elle n'avait pas rejeté aussi violemment sa religion il y avait plus de trois ans, elle en aurait presque prié Dieu pour qu'Ernest patiente encore un peu afin de rassembler les meilleures conditions pour lui avouer son terrible secret. Mais il sembla qu'Ernest en avait décidé tout autrement. Une sorte de sourde colère semblait bouillir en lui. Tout son corps semblait se tendre sous l'effet d'une colère sourde. Pour preuve, il griffa la table d'un geste rageur, rayant de ses griffes le bois de la table dans un son désagréable qui passa sur les nerfs tendus d'Esther comme un archet sur un violon. Pourtant elle perçut un léger :

-Pas ici…

Ceci lui rendit l'espoir. Ernest semblait apparemment de son avis sur le fait de ne pas laver son linge sale en publique. Il se leva brusquement, bousculant la table et le jeu de dominos devenu bien inutile. D'une voix tremblante de colère, il déclara :

-J’vais faire un tour.

Il se précipita alors hors de la pièce presque en courant. Esther paralysée se demandait quoi faire. Fallait-il le laisser se calmer et attendre qu'il revienne vers elle. Cela voulait dire qu'elle courrait peut-être le risque qu'Ernest s'échappe de la Confrérie pour ne plus y revenir... Le claquement violent de la porte derrière le rat fut un déclic. En un instant, elle était sur ses pieds et se lançait à sa poursuite, son ample robe de voile vert pomme voltigeant derrière elle.

- Ernest!

Le cri avait été instinctif, venant des tripes, vibrant d'une maternité aux abois. Elle allait peut-être perdre son petit garçon, le seul être sur cette terre qu'elle chérissait pour ce qu'il était et qui pourrait la chérir pour ce qu'elle était elle.

Se précipitant dans le hall, elle aperçut la queue brisée d'Ernest disparaître dans le sas d'entrée de la Confrérie. Il allait dehors... Il s'enfuyait... Elle cria à nouveau d'une voix paniquée et vibrante de larmes.


- Ernest! Attends-moi! Je t'en supplie!

Lorsqu'elle se retrouva à l'air libre, elle vit qu'Ernest était déjà loin, utilisant ses quatre pattes de petit rongeur pour galoper plus vite loin de celle qui l'avait déçu et qui maintenant lui faisait peut-être horreur. Il retournait à son instinct animal. Pourtant Esther n'en eut pas peur. Elle considéra ce geste comme un cri de désespoir. Grâce à la chance, ils étaient en pleine forêt, son domaine, son élément. Rattraper Ernest ne lui poserait pas de souci.

D'un saut preste, elle grimpa dans les grands séquoïas moussus qui peuplaient les espaces de cette mer verte. Puis, d'une grande rapidité, de branche en branche, de liane en liane, elle rattrapa Ernest. Elle se dit alors qu'il ne l'écouterait peut être pas jusqu'au bout et de son plein gré. Alors, après une légère hésitation, elle décida de lui forcer la main. Elle jeta sur lui deux de ses lianes qui eurent tôt fait de maîtriser le rat et même de le museler. Ficelé étroitement et muet malgré lui, Ernest se débattit furieusement, des larmes de rage dans les yeux. Esther descendit alors à terre et le supplia :


- Je t'en prie Ernest, écoutes moi! Je te promets de tout t'expliquer mais d'abord il faut que tu me laisse parler sans m'interrompre. Tu me promets Ernest? Hoche la tête si tu es d'accord.

Elle voulait tellement le serrer contre elle pour l'apaiser mais n'en avait pas le courage à ce moment. Quel curieux paradoxe aurait-elle présenté? Un geste violent suivi d'un geste tendre? A dire vrai elle devrait peut-être le faire... Ce serait un si beau symbole de ce qu'elle éprouvait pour lui...
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Ernest Lenoir
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Jeu 15 Mar 2012 - 8:39

Il était vrai que, bouleversé par ce qu’il commençait à réaliser, Ernest s’était raccroché à son côté animal, peut-être parce qu’ainsi il était moins tenté de réfléchir. Lorsqu’il fut attaqué par les lianes, il eut tout de la bête enragée. Perdant le peu de contrôle qu’il avait sur lui, il tenta de mordre, de griffer, il se contorsionna furieusement, il roula au sol dans cette lute inégale contre les végétaux. Ses couinements furibonds de rongeur faisait presque froid dans le dos. Pour un peu, il écumait. Cependant, manquant cruellement de muscle et prit par surprise de surcroit , il ne tarda pas à être métrisé. Les pâtes liées contre le corps, il n’abandonna pas malgré le dérisoire de ses efforts. Il se servit de sa gueule jusqu’à ce que celle-ci fut également immobilisée. Même ligoté, même muselé, il ne renonça pas. Il força encore et toujours. Puisque l’animal était prit, le mutant refit surface. Vermine chercha à atteindre la poche de son jean pour en sortir son poignard. Mais il n’y arriva pas et il se souvint que de toute façon, il n’avait pas d’arme sur lui. Trop pressé de retrouver Cérès au foyer, il n’était pas repassé dans sa chambre. Quelle alternative lui restait-il ? La Bombe Electrique. Mais elle était si dur à provoquer. Le choc émotionnel n’avait hélas pas suffit cette fois. Pourquoi ? C’était illogique ! Mentalement seulement puisqu’il était réduit au silence, l’enfant-rat enchaina les jurons. Il ne voulait pas se rendre, pas face à Cérès.

Mais il se fatiguait rapidement et, malgré lui, il dû bien se calmer. La respiration haletante et le regard noyé de fureur, il remarqua qu’Esther était à côté de lui. Il lui aurait bien sauté dessus s’il avait pu encore bouger. Elle lui dit qu’elle allait tout lui expliquer. Elle lui demanda d’écouter. Elle avait l’air émotionnée elle-aussi. Il n’avait pas du tout l’habitude de la voir ainsi. Il lui jeta tout de même un coup d’œil assassin. Sur le coup de la colère, il ne voulait même pas écouter. Elle l’avait attaqué, n’était-ce déjà pas un aveux suffisant ? Il pensait déjà avoir tout compris. Elle lui mentait depuis le début, elle le manipulait, la diablesse ! Il ne pouvait pas y avoir de trahison pire que celle-ci !

Alors Ernest ne fit pas de signe de tête, pas tout de suite. Une dernière fois, il força sur ses liens de toute ses forces. Les lianes ne bronchèrent pas. Et lui, il était même incapable de se redresser. Il soupira. Le calme le rendit enfin un peu plus raisonnable. Après tout, Cérès lui devait ces explications. Ne pas l’écouter, c’était stupide. Après, rien ne l’obligeait à la croire. De mauvaise grâce, il acquiesça de la tête.

Qu’elle lui dise ce qu’elle avait à lui dire ! C’était le moment ou jamais. Car en cet instant, Vermine n’avait qu’une envie : fuir pour toujours cet endroit.

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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Ven 23 Mar 2012 - 13:10

Ernest se calma. Immobile, il ne s'avoua pas résigné pour autant. D'un oeil froid et presque assassin, il toisa Esther, ne remuant pas le moindre petit doigt. Malgré sa demande de le voir hocher la tête, Ernest ne bougea même pas une vibrisse. Esther eut un soupir intérieur... Visiblement la partie était loin d'être gagnée. Elle aurait tant voulu pouvoir lui expliquer ça en le prenant dans ses bras, en le rassurant par ses gestes maternels qui étaient devenu leur quotidien. Avec un gros soupir de tristesse, elle ramena ses genoux sous elle et se mit tout près d'Ernest mais sans le toucher. Elle baissa la tête et se mit à raconter d'une voix douce et éteinte toute leur histoire commune depuis le début.

Elle raconta comment elle avait rejoint la Confrérie, comment Magneto lui avait fait miroiter une vie meilleure et lui avait donné l'opportunité de poursuivre les recherches sur le vaccin qui lui permettrait de stopper la dégénérescence de sa mutation. Elle raconta comment en contrepartie elle avait du accepter de travailler sur un projet d'arme secrète dont il était le nerf. Elle lui expliqua que aigrie, déçue de la vie et obnubilée par son désir de stabiliser sa mutation, elle avait accepté. Elle ne lui cacha rien du peu d'intérêt qu'il représentait à ses yeux au début.

Puis elle lui raconta comment leur première rencontre avait ébranlé sa certitude, comment son jeune âge et sa détresse évidente lui avaient fait prendre conscience qu'il était avant tout un être humain et qu'elle ne pouvait pas le traiter comme un sujet de laboratoire sans devenir une sorte de monstre comme ces gens qu'elle avait dédaigné pour leur intolérance et leur cruauté.

Elle raconta enfin comment il s'était échappé, l'ignorance de son sort qui l'avait plongée dans une interminable angoisse, le soulagement de l'avoir retrouver en pleine forêt un jour et l'incommensurable douleur qu'elle avait eu de le voir dans un état aussi pitoyable.


- Tu comprends, c'est à ce moment-là que j'ai réalisé à quel point tu comptais pour moi. Tu étais devenu un compagnon de tous les instants, mon meilleur ami et même plus. A force de veiller sur toi, j'avais compris que tu étais avant tout un petit garçon perdu qui avait du se débattre dans un monde ingrat et dangereux. J'ai voulu te protéger Ernest. J'ai voulu que tu oublies tout de ton horrible passé pour que tu puisses enfin goûter à un peu de paix et de bonheur. Alors quand je t'ai retrouvé dans la forêt, totalement à bout de force, je t'ai ramené à la Confrérie. Je t'ai soigné avec tout mon amour et je me suis juré que plus jamais tu ne souffrirais, que plus jamais tu ne revivrait des choses si horribles. J'ai demandé à Mastermind d'effacer tous tes souvenirs afin qu'à ton réveil tu puisse recommencer une nouvelle vie, une vie de petit garçon la plus normale possible compte tenu de notre situation.

Esther marqua une pause et sentit les larmes lui monter aux yeux.

- Mais maintenant je me rend bien compte que c'était une idée stupide et fatalement vouée à l'échec. J'ai réagi en pensant d'abord à moi et pas à toi. Comme toujours j'ai voulu tout contrôler. J'ai cru que je pourrais disposer de toi et de ton esprit comme s'il s'agissait d'un simple objet. Je n'ai pas compris que je te faisais autant de mal en te mentant de la sorte et que dès le départ j'aurais du te dire la vérité.

Elle éclata alors en gros sanglots nerveux, ses larmes d'une couleur verte et légèrement dorée coulant abondamment sur son visage grisâtre.

- Mais je te jure que je ne pensais pas à mal. Je ne suis pas aussi cruelle. Tout ce que je voulais c'était te protéger. Je voulais ton bonheur et seulement ton bonheur. J'avais tellement peur que tu ne comprenne pas, que tu m'en veuille, que tu ne comprenne pas que j'avais changé et que pour moi tu étais devenu important. Tu es un peu l'enfant que je n'ai jamais eu. Tu n'imagines pas quel bien ta présence, ton naturel, ton attention et ta gentillesse naturelle m'ont fait un bien fou.

Avec des gestes rapides et nerveux, elle arracha alors les liens de Ernest. Puis, s'effondrant sur le sol, ses mains se refermant sur deux touffes d'herbe, elle sanglota de plus belle.

- Mais si tu juges que je t'ai trop fait souffrir et si tu veux partir, c'est ton droit le plus strict. Pars si tu le désires... je ne te retiendrai pas.

Et dans un gros effort pour tenter de se contenir, elle baissa la tête et laissa couler ses larmes qui, en tombant sur le sol, faisaient pousser et fleurir de petites marguerites.
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Ernest Lenoir
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Ven 23 Mar 2012 - 22:02

Au départ, Ernest écouta Cérès de mauvaise grâce. Mais très vite, il se rendit compte qu’il allait à l’encontre de sa propre démarche. Ces explications, il les avait réclamés et maintenant qu’il les obtenait il ne leur portait pas toute l’attention nécessaire ? C’était ridicule. Sa colère ne devait pas le rendre stupide. Alors il changea aussitôt d’attitude et ouvrit grand les oreilles, ne perdant plus un mot d’Esther.

Ainsi, il découvrit la vérité, vérité qu’il avait déjà en partie devinée. Et cette vérité, elle était encore pire que ce qu’il avait imaginé. Le lavage de cerveau était l’unique initiative de Cérès. Ce n’était pas la Confrérie à l’origine de cette odieuse manigance. Non, Cérès, juste Cérès… Pouvait-elle trouver un moyen de se défendre après ça ? Elle n’invoqua qu’une seule raison : elle l’avait fait pour lui, pour qu’il soit heureux. Que devait-il en penser ? Et bien là était toute la question. Plus le récit d’Esther avançait, plus l’enfant-rat était partagé. Des sentiments violents et contraires s’opposaient en lui, sans doute comme jamais auparavant. Il regardait cette femme blafarde pleurer ses larmes végétales, il avait vraiment l’impression de la redécouvrir. En mieux ? En pire ? Quelle idée exactement s’était-il fait d’elle avant ? Et maintenant ?

Elle lui arracha enfin ses liens. Sitôt qu’il eut retrouvé l’usage de sa gueule, il l’ouvrit pour dire quelque chose mais rien n’en sortit. Il ne savait pas quoi dire. Ou plutôt, il avait envie de dire des tonnes de choses sans savoir par quoi commencer. Alors il la referma et resta muet. Avec des gestes plutôt absents, il finit d’ôter les lianes, puis il se redressa. Il pouvait partir, Esther le lui avait dit. Il en avait envie, vraiment, mais il n’en fit rien. Car il voulait aussi rester. Il voulait cogner Cérès. Il voulait la consoler. Il voulait la questionner. Il voulait lui dire assez. Alors, le plus simple, il ne fit rien. Il s’était mis en position assise et il resta là, passif, à regarder Cérès. Il regardait aussi ses larmes qu’il n’avait encore jamais vu avant. Il regardait les fleurs qui avaient poussé. Une seconde fois, il ouvrit la bouche, cherchant à s’exprimer, mais sans plus de résultat. Dans son cerveau, c’était une sorte de chaos. Certaines choses arrivaient toutefois à en sortir, à s’imposer. « Elle m’a trahi, elle m’a menti. » « Elle me prend pour son fils. »

Plusieurs longues minutes s’écoulèrent ainsi sans qu’il ne dise mot ou fasse un geste. En lui-même, il commença à trouver quelques réponses. Esther pouvait-elle jouer la comédie ? Non, assurément pas. Ce n’était pas son genre. Mais la connaissait-elle vraiment ? Après tout, se laisser aller aux larmes, c’était possible avec de l’entrainement. Mais non, ça ne lui collait pas. Elle semblait si sincère… elle disait vrai. Pouvait-il lui pardonner alors ? Combien de personnes en ce monde tenaient-elles à lui autant que Cérès ? Comment savoir puisqu’il ne pouvait pas encore se souvenir. Mais en son fort intérieur, il savait qu’autours de lui, ils étaient peu nombreux. Il savait surtout qu’il n’avait pas de vrai mère. Soit elle était morte. Soit elle ne voulait plus de lui. Soit il ne l’avait jamais connu. Peu importait, le résultat était le même. Et Cérès était là… devant lu…

Sa colère était toujours grande. Elle l’empêchait de se montrer magnanime. Elle lui susurrait des choses méchantes, cruelles même. Il eut presque peur lorsqu’il réalisa ce qu’il était en train de penser. Il pouvait se montrer très sombre, certainement à cause de son passé, passé qui devait être affreux, passé que Cérès avait voulu lui ôter pour le libérer. Et voilà, toujours les mêmes choses revenaient. Son cerveau, déjà bien éprouvé, s’enlisa. C’était trop pour lui. Il ne savait pas quoi faire. Il craqua.


-Je sais pas… je sais pas… marmonna-t-il. Je sais plus où j’en suis… je suis perdu… qu’est-ce que je dois faire ? Je sais pas… je sais pas…

Puis, il fondit en larmes.

-Putain j’ai que 13 ans, merde ! C’est trop, c’est trop ! J’aurais pas pu rester dans mon manoir merdique ! gémit-il sans se rendre compte qu’il venait de dire tout haut quelque chose qu’il était sensé ne pas se souvenir.

Il venait de faire référence au manoir familial des Lenoir en Suisse, là où il habitait avant l’éveil de son gène X. En tout cas, une chose était sûr, il était trop secoué pour faire quoi que ce soit.


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Cérès
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Sam 24 Mar 2012 - 10:44

Bouleversée par ce qu'elle venait de faire, Esther continuait de pleurer. Un véritable petit buisson de fleurs blanches se trouvait maintenant entre ses bras. Depuis trois ans, elle ne s'était plus jamais laissé allée à de tels sentiments, excepté la fois où elle s'était disputée avec sa mère et avait réglé son compte à Garrett et Fertil&Co. Et encore, cette fois-là, c'était la haine, la rage qui avaient pris le dessus. Cette fois-ci c'était la peur, l'amour, la tristesse qui ravageaient son coeur. La nature entière autour d'elle le ressentait. Les arbres se couvraient de fleurs blanches qui balancées par une légère prise se mirent à perdre leurs pétales. Une pluie de petits flocons blancs et parfumé se mit alors à tomber autour d'eux. Oui oui, "d'eux", car Ernest n'était pas parti. Et lorsqu'elle s'en rendit compte Esther releva la tête pleine d'espoir. Pour un peu, une poignante musique se serait fait entendre s'ils avaient été dans un film. Ernest ne s'était pas enfui. Il était là, devant elle. Et pourtant il ne disait rien. Son esprit semblait tiraillé, tout aussi déchiré que celui d'Esther. Elle s'entendit souffler d'une voix inquiète :

- Oh Ernest... Tu vois que je n'aurais pas du te parler. Tu souffres le martyr maintenant.

Comme pour appuyer ses dires, Ernest répondit d'une voix haletante.

- Je sais pas… je sais pas… Je sais plus où j’en suis… je suis perdu… qu’est-ce que je dois faire ? Je sais pas… je sais pas…

Soudain sa voix s'affermit pour crier au milieu de sanglots.

-Putain j’ai que 13 ans, merde ! C’est trop, c’est trop ! J’aurais pas pu rester dans mon manoir merdique !

Elle se redressa alors l'air épouvanté. Ernest venait de dire quelque chose qui la blessait peut-être plus que de la colère ou du mépris. Il exprimait un regret. Et un regret véritablement incompréhensible compte tenu de ce que ses parents lui avaient fait subir lors de sa mutation. D'une voix mourante, Esther s'entendit répondre :

- Quoi? Qu'est-ce que tu viens de dire? Après tout ce que tes parents ont été assez odieux pour te faire, tu arrive encore à exprimer des regrets?

Elle se relava alors sentant une sourde colère monter en elle.

- Mais qui t'as sauvé la vie lorsque tu agonisais dans les égouts hein? Qui a pris le temps de te soigner quand tu étais à l'agonie? Qui t'as chéri, nourrit, soigné, élevé, embrassé? Qui depuis plus de huit mois pense à ton bonheur et uniquement à ton bonheur? Qui s'inquiète de te voir tousser un peu trop fort, de te savoir de sortie une nuit entière? Qui est là pour toi quand ça ne va pas? Qui joue avec toi? Qui te prends dans ses bras? Ta mère peut-être? Ou ton père?

Elle se mit à crier, la voix secouée de sanglots désespérés.

- NON! C'EST MOI! ET MOI SEULE! J'ai peut-être mes torts de n'avoir pas su voir ce qui valait le mieux pour toi mais moi au moins j'ai le mérite d'avoir sincèrement essayé! Pourquoi Ernest? POURQUOI? Pourquoi oses-tu penser ça? Comment peux-tu regretter une famille qui t'as battu, rejeté, haï, honni, renié? Mon dieu, est-ce que j'ai fait était donc si grave à tes yeux? Suis-je un monstre pour toi? C'EST COMME CA QUE TU ME VOIS MAINTENANT? COMME UN MONSTRE? REPONDS-MOI ERNEST!

Transpercée par le désespoir, Esther attrapa Ernest aux épaules et le força à la regarder dans les yeux pour lui répondre.

- Tu ne partage donc aucun des sentiments que j'éprouve pour toi? Moi je me refuse à croire que ces derniers mois aient été de la comédie. J'en mourrais de chagrin si tu me dis que oui.

A ses pieds et autour d'eux, les fleurs et les pétales n'étaient plus blanches mais rouges. Le coeur d'Esther saignait à présent.
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Sam 24 Mar 2012 - 13:06

-MAIS JE M’EN SOUVIENS PAS ! ET C’EST DE TA FAUTE !!! vociféra Vermine.

Il semblait à présent embrayer sur une crise de nerfs. Et nerveux, il l’était plus que l’aurait voulu la norme humaine. Son petit corps s’était mis à vibrer, à trembler. Ses poings s’étaient serrés si fort qu’il en eu presque mal. Lentement, il se leva. Son regard devenait fou. De grosses larmes continuaient à couler sur ses joues velues. Tous ces pétales qui volaient autour de lui, d’abord blancs, puis rouges, lui donnaient l’impression d’être dans un rêve, ou plutôt dans un cauchemar. Quoi qu’il en soit, il perdait le sens de la réalité. Il répondait à la colère par la colère. Et sa colère à lui était démente. C’était celle surgie de son passé, celle du cobaye, celle du révolté meurtrit, celle du traumatisé par tant de supplices. Ses repaires s’évanouissaient. Sa mémoire bouillonnaient.

Le manoir, sitôt évoqué, il l’avait oublié. Sa mère, son père, il ne revoyait même pas l’ombre de leur visage. Cependant, un sentiment de révolte refit surface, venant encore aggraver cette sorte de surchauffe cérébrale. Il secoua la tête, il ferma les yeux. Il vit des choses, il entendit des choses, venues du lointain, flashs rapides, surréalistes, qu’il ne saisit pas. Tout se mélangeait, se déformait. Il voguait presque en plain délire. Et le délire appelait le délire, s’auto-entretenant. Mêmes ses sensations commençaient à glisser. Il eut un vertige. Il frôlait le malaise.

Tout ce que pouvait nous enseigner cette scène, c’était qu’au final, Cérès par ce lavage de cerveau avait peut-être eu une bonne idée. Car l’instabilité mentale d’Ernest relevait clairement désormais de la psychiatrie. Si en cet instant, il avait été en milieux médicale, on l’aurait mis sous sédatif sans hésiter ce qui, au fond, n’aurait eu aucun effet à cause de l’Altérium.

L’enfant-rat rouvrit les yeux et cette fois, il péta les plombs pour de bon. Il recula de deux pas, s’arrachant à l’étreinte d’Esther. Mais ce n’était que pour mieux sauter sur elle. Ces intentions se voyaient comme le nez au milieu de la figure. Il voulait frapper, griffer, mordre, tuer, déchiqueter, massacrer. Mais dans sa folie furieuse, sa maladresse était énorme. Il était pratiquement incapable de repérer la femme face à lui tant sa vision était troublée et ses sens altérés. Alors, il attaquait, peut importait quoi, Cérès ou un arbre, il s’en fichait. Discuter était inutile. Tant qu’il ne se serait pas calmé, il n’aurait plus de réaction intelligible.


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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Lun 26 Mar 2012 - 9:40

Esther avait cru pouvoir ressaisir Ernest par l'électrochoc de ses paroles. Il n'en fut rien. Immobile, le regard perdu dans le vide, elle sentit son petit corps se raidir sous ses bras. Soudain il explosa dans un accès de colère furieuse.

-MAIS JE M’EN SOUVIENS PAS ! ET C’EST DE TA FAUTE !!!

D'un geste brusque, Ernest s'arracha aux mains d'Esther. Puis reculant de deux pas, il se campa sur ses jambes puis sauta sur elle avec l'intention manifeste de lui faire le plus de mal qu'il puisse. Heureusement, son intention était clairement lisible. Il fut cependant assez rapide pour qu'Esther ne puisse éviter l'impact. C'est à peine si elle eut le temps de tendre les bras afin de se protéger des dents et des griffes d'Ernest. Elle se sentit basculer sur le sol. Entrainant Ernest dans sa chute, elle plaça sa jambe de telle manière à pouvoir propulsé Ernest loin d'elle dans une culbute digne d'un film de karaté. Projeté à trois ou quatre mètres, Ernest mit peu de temps à se relever. Il n'en fallut cependant pas plus à Esther pour se relever à son tour et pour se réfugier dans un arbre afin de se mettre à l'abri de Vermine.

Vermine... Elle se refusait à appeler l'animal furieux qui se débattait six mètres plus bas Ernest. Pourtant il fallait faire quelque chose. Il était incapable de se calmer par lui même. Il fallait faire quelque chose mais quoi? Tenter de le calmer par des substances tranquilisantes serait une pure perte de temps à cause de l'Altérium mais attendre qu'il se calme de lui-même était tout aussi dangereux. Dans un tel état de rage, Ernest était tout aussi dangereux pour lui que pour les autres. Et s'il cherchait à s'enfuir, Esther n'était pas sûre de pouvoir à nouveau le retrouver. Une seule solution s'imposait à elle : la manière forte. Mais comment Ernest prendrait-il le fait qu'elle ait levé la main sur lui? A dire vrai, elle n'avait pas vraiment le choix. Toute personne sensée lui reprocherait de ne pas intervenir. Elle décida alors de s'y prendre le plus doucement possible.

Elle commença par isoler Ernest dans un grand enclos. Commandant aux plantes, buissons et fourrés qui parsemaient la forêt, elle les fit se dresser en un épais grillage qui, reliant quatre arbres aux angles, emprisonnèrent la bête furieuse. Mais justement parce qu'il était plus animal qu'humain, Vermine, se sentant pris au piège, redoubla de frénésie. Il sauta partout comme un cabri et entreprit même de grimper à l'une des parois végétales grâce à ses griffes et à l'enchevêtrement de tiges qui formaient une sorte de grillage. Alors, pour éviter qu'il ne s'échappe ou qu'il ne se blesse en tombant, elle l'intercepta au moyen d'une liane, lui ligota les bras le long du corps ainsi que les jambes puis le déposa précautionneusement au milieu de l'enclos. Elle ne lui avait pas lié la gueule, sachant très bien que ficelé comme il l'était, il ne pourrait pas se contortionner pour ronger ses liens.

Enfin, elle attendit qu'il se calme. Les mains sur ses oreilles, les yeux remplis de larmes et recroquevillée sur sa haute branche, elle essaya de ne pas entendre toutes les horreur qu'il lui hurlait, vidant ainsi sa fureur et sa colère. Elle ne sait combien de temps cela dura mais il finit par se calmer. Esther se risqua alors à ouvrir les yeux et à retirer ses mains de ses oreilles pour ensuite risquer une regard au fond de la fosse.
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Ernest Lenoir
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MessageSujet: Re: Face aux doutes [Cérès]   Lun 26 Mar 2012 - 11:44

Tenter de ronger ses liens, Vermine essaya de le faire quand même. Il s’épuisa à essayer. Il força de façon déraisonnée si bien qu’il eut tôt fait de manquer de force. Son épuisement hâta la reprise de ses moyens. Ligoté, allongé à même le sol herbeux au milieu de cet enclos végétal, il avait cessé de bouger. Il ferma les yeux un moment, se réfugiant dans ses pensées.

Il n’avait rien oublié de ce qui venait de se passer. Il était conscient qu’il avait perdu ses moyens sous l’effet de la rage et il en était surpris. La cause de tout ceci, il ne fallait pas la chercher bien loin. Mais quand même, il avait honte. Son comportement était digne d’une bête sauvage et il se voulait quand même au-dessus de ça. De la même façon qu’il redécouvrait Cérès, il se redécouvrait lui-même.

Que faire ? Il soupira. Son naturel révolté s’inclinait face à son accablement. Sa volonté trop éprouvée ne lui commandait plus de lutter. Alors il aborda la situation sous un autre regard. Il se reposa les fameuses questions. Esther pouvait-elle lui mentir ? Non, il en était sûr. Qu’avait-il alors à lui reprocher ? Le lavage de cerveau mais celui-ci, en fin de compte, pouvait s’expliquer. De trahison, l’acte de Cérès devint une simple erreur. Et quelque part, cette conclusion simplifiait les choses. Mettre fin au dilemme, c’était le but de l’enfant-rat depuis le début.

Il rouvrit les yeux et chercha Esther. Il la trouva en haut d’un arbre, à l’abri de sa colère. Il s’adressa à elle d’une voix un peu vacillante.


-J’suis désolé. J’ai perdu les pédales mais c’est terminé. Ne m’en veux pas. L’amnésie qui s’estompe peu à peu et maintenant ces révélations, c’était trop pour moi je crois… Mais c’est vraiment terminé. Libère-moi et redescends s’il te plait.

Quand ce fut fait, Ernest se releva. Puis, se tenant son crâne devenu douloureux, il reprit.

-Les derniers trucs que j’ai dis, je les pensais pas vraiment. Ça veut pas pour autant dire que j’apprécie le coup du lavage de cerveau mais au moins, je comprends pourquoi tu as agit ainsi. Là, j’me suis presque fait peur moi-même. J’ai la nette impression que je vais bientôt me souvenir de trucs pas cool. Mais c’est mieux comme ça. Et si tu m’aides, ça se passera bien, j’en suis sûr.

L’enfant-rat marqua une petite pause avant de finir.

-Promet-moi que plus jamais tu essayeras de me manipuler d’une façon ou d’une autre ! Promet-le et tu pourras être ma mère. Parce que, au fond, ça me plais bien d’être ton fils.

Ça faisait un peu bizarre de dire cela. Il va de soi que, d’habitude on ne choisi pas ses parents. Mais puisque Vermine en avait l’occasion, puisqu’il pouvait choisir une mère aimante au lieu d’une mère qu’il le détestait, il n’allait pas hésiter. Maintenant, Esther n’avait que quelques mots à dire pour que le pire, ce qu’elle redoutait tant, n’arrive pas.
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